Philip Roth : achever son oeuvre avec un très gros livre

Clément Solym - 12.10.2009

Edition - Société - Philip - Roth - achever


Philip Roth était à l'honneur de la grande librairie, l'émission de François Busnel qui se déroulait pour le coup à New York, chez lui, à l'occasion d'une double actualité pour le romancier. Tout d'abord Exit le fantôme publié chez Gallimard, mais également la célébration de ses 50 ans de carrière. Goodbye Colombus, en 1959, reçut l'équivalent du Goncourt outre-Atlantique, le National Book Award.

Plus grand écrivain américain vivant, ou encore celui qui compte le plus dans le paysage littéraire, Roth a marqué ses contemporains. Mais aujourd'hui, le romancier se montre d'une discrétion rare, choqué dans son jeune temps, lorsque les médias se sont précipités sur sa vie privée.

Marquant la fin de la saga de Nathan Zuckerman, celui qui devait incarner la comédie sociale qu'est la condition de l'écrivain aux États-Unis, Roth fixe avec ce dernier livre une approche toute personnelle, qui vise également l'universalité de cette fonction. « Dans l'esprit d'un écrivain, il y a son travail... qu'est-ce qui va nourrir mon travail ? », commente Roth. Un besoin de sujet, du monde, d'une présence dans cet univers, qu'il aimerait concrétiser désormais par un ouvrage définitif et majeur, en écrivant un très gros livre pour achever son oeuvre.

On appréciera toujours autant l'ironie de l'auteur, qui joue avec Busnel comme un maître marionnettiste. « D'où viennent les idées ? Je n'en sais rien.... On est complètement perdu dans l'écriture. » On pourra retrouver l'émission à cette adresse, sur France 5.