Philipp Pullman se bat pour les bibliothèques

Clément Solym - 28.01.2011

Edition - Bibliothèques - pullman - bibliothèques - angleterre


Un discours passionné, prononcé par l'auteur Philip Pullman à deux ou trois cents personnes, lors d’une réunion des militants de la bibliothèque Oxfordshire plus tôt ce mois-ci, s’est propagé comme un virus grâce à l'influence des réseaux sociaux.

Le discours, mis en ligne et lu quelque 20.000 fois en deux jours, a fait le tour de Twitter et été salué comme une pièce maîtresse de l’art oratoire. Il a déjà été traduit en français par la romancière Joanne Harris, qui a titré « Laissez nos bibliothèques en paix ! » et qualifié Pullman d’« impressionnant », demandant s’il était possible d’en faire le ministre de l’Éducation ; tandis que l’acteur Samuel West déclarait que l’auteur avait fait « un des grands discours ». Beaucoup d’utilisateurs de Twitter ont réagi, à l’image de ce commentaire de @jamesswyer : « Waouh. Le cri de ralliement de Philip Pullman pour sauver les bibliothèques laisse une boule dans la gorge ».

Pullman s’est alerté à ce sujet en voyant les mesures du Conseil du comté de l’Oxfordshire, qui prévoit de cesser le financement de près de la moitié des bibliothèques du comté. L’écrivain compare ces restrictions à la destruction de la grande bibliothèque d’Alexandrie, réservant son mépris à l’idée de laisser les bibliothèques être gérées par des bénévoles. « Est-ce qu’ils pensent que le travail d’un bibliothécaire est si simple, si vide de contenu, que n’importe qui peut intervenir et le faire contre un remerciement et une tasse de thé ? » a demandé l’auteur.

« Pensent-ils que tout ce qu’un bibliothécaire fait est de ranger des étagères ? Et qui sont ces bénévoles ? Qui sont ces gens dont la vie est si vide, dont le temps se déploie devant eux comme les steppes infinies de l'Asie centrale, qui n'ont pas familles à s'occuper, pas de travail à faire, aucune responsabilité d'aucune sorte, et pourtant, sont si riches qu'ils peuvent offrir des heures de leur temps chaque semaine pour travailler pour rien ? Qui sont ces bénévoles ? Connaissez-vous quelqu'un qui pourrait donner de son temps de cette façon ? »

L’auteur de la célèbre trilogie A la Croisée des Mondes a également tourné en dérision la proposition du Conseil selon laquelle les différents groupes communautaires doivent prendre l'argent d'un pot central pour financer leurs projets pour la bibliothèque, disant avec amertume : « Nous devons faire le beau pour elle, comme des petits chiens, et remuer nos queues lorsque nous avons un sucre ! », ajoutant que cette proposition ne ferait qu’installer la discorde entre les communautés.

Pullman a aussi fait une vive critique des éditeurs, affirmant que ceux-ci ont été « infectés » par la folie du marché et sont désormais dépendants des puissances financières. « Le fantôme gourmand leur chuchote à l’oreille : Pourquoi publies-tu cet homme ? Il ne vend pas assez… Arrête de le publier ! », s’est plaint l’écrivain. « Regardez cette liste de livres de l'an dernier : plus de la moitié d'entre eux n'ont pas été des best-sellers ; cette année, vous devez publier seulement des best-sellers... Donc, les décisions sont prises pour de mauvaises raisons. La joie et le plaisir de l'homme ne comptent plus ; les livres ne sont pas publiés parce que ce sont de bons livres, mais parce qu'ils ressemblent aux livres qu’on trouve dans les listes actuelles de best-sellers. La seule chose qui compte est le profit. » (via the Guardian)



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