Philippe Claudel parle (un peu) du Rapport de Brodeck

Clément Solym - 23.01.2008

Edition - Société - Philippe - Claudel - Rapport


J'ai vu Nicolas en train de le commencer, alors je ne résiste pas au délice de vous relater une interview de l'auteur du Raport de Brodeck, Philippe Claudel. De son rôle de lecteur lui est venue son envie d'écrire, et il se décrit plus facilement comme « un lecteur qui écrit des livres qu'un écrivain véritable ».

Laissant libre court à son libre arbitre, il confesse même s'y perdre et finalement se montrer très peu dirigiste : « J'écris sans réfléchir, dans une certaine inconscience. » Et Brodeck dans tout ça ? Le substrat d'un rêve dont il ne restait au matin qu'une phrase : « Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. »

« Ce qui m'intéresse fondamentalement, c'est comprendre un peu, qui l'on est, nos rapports dans le monde, pourquoi nos sociétés ne cessent de siècle en siècle de trouver les moyens de se détruire et de se faire souffrir. Les périodes de guerres sont de grands révélateurs chimiques où des êtres ternes vont se révéler des héros et d'autres, à l'inverse, vont s'enfoncer. »

L'oeuvre de fiction devient une manière de pousser « des personnes à s'interroger très profondément sur certaines questions » et de révéler sur l'humain plus qu'il ne devine lui-même. Philippe Claudel estime de fait que l'on est « dans des sociétés qui se ferment beaucoup, on n'a qu'un seul souci, nous-mêmes. On se fout des autres, on leur fait bien comprendre que nos frontières sont fermées; la période est difficile, donc je ne regarde que moi. »

Discret en dépit du succès (traduit en 30 langues), peu enclin à se montrer dans le petit écran et aspirant à la tranquillité, et surtout pas à la reconnaissance publique, mais la sortie de son premier film malmènera peut-être sa vie paisible.

Goncourt des Lycées 2007, Le Rapport Brodeck est édité au Stock.

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