Philippe Roth dans l'air du temps: 'Facebook distrait les lecteurs.'

Clément Solym - 06.10.2010

Edition - Société - roth - ebook - nemesis


Il l'a clamé, proclamé, et revendiqué : Philip Roth n'aime pas les livres numériques, les lecteurs ebook et toute cette technologie ambiante. Contraste fascinant : le romancier a toujours plus ou moins une période d'avance sur ses contemporains... dans ses livres.

À 77 ans, on ne peut pas lui en vouloir, à Philip, d'être un peu ronchon et bien campé sur ses positions. C'est que pour lui, l'ebook et toutes ces sortes de choses, cela ne sert qu'à diminuer la beauté et l'expérience esthétique de la lecture sur papier. « C'est une honte », conclut-il, dans un entretien avec Reuters.


« La concentration, l'attention, la solitude, le silence, toutes ces choses qui sont nécessaires à la lecture ne vont pas avec ce que ces gens recherchent », ajoute-t-il. Depuis le XXe siècle et ses films, les lecteurs sont distraits. La télévision, les ordinateurs, et maintenant Facebook... tout cela participe à une déconcentration de masse. La multitude des écrans n'est plus un simple problème : c'est une invasion.

Et jamais Roth ne changera ses habitudes : « Je tiens à lire la nuit dans mon lit et j'aime prendre un livre. Je ne vais pas changer sur ce point. » Et pourtant, son Nemesis, dernier livre, est plutôt sur le mode de la nouvelle, avec 56.000 mots au compteur. « Voyez, je suis dans l'air du temps », plaisante le romancier. « J'étais surtout curieux de savoir si je pouvais le faire. Condenser et réduire le texte, et porter un coup violent. »

Et une fois encore, le romancier semble avoir su capter les angoisses américaines, en prenant pour thème dans ce livre, la poliomyélite. Une maladie qu'il n'a lui-même jamais eue, mais qui l'a toujours effrayé, en ce qu'elle ne se soigne pas et frappe les enfants. Et finalement, partant de ce cas particulier, le romancier remonte la piste de ces maladies qui nous frappent, transformant la nouvelle en une fable sur la peur des maladies, et les angoisses de ses contemporains.

« Écrire un livre résout tous les problèmes. Vous ne pensez pas à votre place dans tel ou tel prix, ni aux critiques, aux commentaires, ou à quoi que ce soit. Ce sont les dernières choses que vous avez à l'esprit, parce que c'est le travail qui vous tient », conclut le romancier.



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