Photo de Coluche : accord entre les Restos du coeur et Gaston Bergeret

Cécile Mazin - 30.07.2013

Edition - Justice - Coluche - Restos du coeur - photo


C'est la fin du litige pour Gaston Bergeret, auteur d'une célèbre photo de Coluche, réutilisée à toutes les sauces, par les Restaurants du Coeur. Dans un communiqué, les deux parties annoncent que les problèmes liés à l'usage de la photographie ont été résolus. L'assignation que le photogragraphe avait envoyée à l'association s'arrêtera donc là.

 

Depuis 1985, les Restos du coeur avaient eu recours à cette photo pour incarner leur présence, tout en rappelant la filiation, avec ce Coluche décochant un léger sourire, appuyé sur ses coudes. Les 2040 établissements avaient alors immédiatement retiré le portrait, après réception de l'assignation, pour une attaque en contrefaçon. 

 

Pour l'Association, l'utilisation de cette photo pouvait être accordée par un simple accord verbal, alors que le photographe réclamait la fin de l'exploitation de son travail. En outre, il réclamait des dommages-intérêts, pour la période passée, ainsi que des droits à venir pour toute exploitation postérieure. Mais pour l'association, ces sommes à verser représentaient d'ores et déjà un manque pour l'achat de nourriture. 

 

Durant l'hiver 2012-2013, l'association était venue en aide à 960.000 personnes, soit 11 % de plus que l'an passé, avec 130 millions de repas servis. Le coup était alors très dur. Mais pour le photographe, il était certaines dérives qui n'étaient plus acceptables.  

« Les Restaurants du cœur utilisent intensivement cette photographie depuis vingt-sept ans. Cependant, cette autorisation initiale a été très largement outrepassée, puisque ma photographie est totalement défigurée et de la manière la plus hideuse. Je n'ai jamais été consulté sur les modifications.

Le dernier spectacle des Enfoirés, diffusé sur TF1 le 15 mars 2013, où la photographie que j'ai réalisée est affublée d'une moustache, sans aucun lien avec l'activité des Restos du cœur, mais pour l'intégrer dans une collection de tee-shirts édités par une société commerciale, Eleven Paris, m'a convaincu que je devais agir pour arrêter ces dérives.

 

Et voilà comment la moutarde monte au nez : l'ensemble des différents supports commerciaux, destinés à récolter des fonds n'ont jamais demandé l'autorisation de modifier la photo. Et en regard de l'ensemble des exploitations différentes, et des résultats financiers conséquents, il s'estimait légitimement lésé. « Mon but est avant tout de faire cesser les exploitations que je n'ai pas acceptées et qui comportent des dérives évidentes (dénaturation et absence de crédit de mon œuvre essentiellement, système de plus en plus marchand). »

 

La photo était également reprise pour des couvertures de livres, notamment en 2005, avec la publication chez J'ai Lu de Les Restos du coeur, 1985-2005, écrit par Valérie Péronnet et reprenant l'ensemble de la vie de l'association, ressorti à l'occasion de son 20e anniversaire. Il avait été originellement été publié chez Michel Lafon, en 2000. De même, en 1998, une BD était sortie, chez Glénat. 

 

 

 

 

 

Selon les conditions de l'accord passé, Gaston Bergeret renoncerait à toute indemnisation pour l'exploitation passée, et « ne remet pas en cause pour l'avenir son engagement initial de 1986, à savoir une utilisation gratuite de cette photographie par l'association et ses partenaires, dans le cadre des activités des Restos du Coeur ». Désormais, on veillera à ce que l'utilisation de la photo se fasse sans modification, toujours gracieusement, « dans le respect du droit moral de Gaston Bergeret », expliquent les Restos.