Photographier un livre avec son mobile, c'est du piratage ?

Clément Solym - 25.01.2011

Edition - Société - pirater - photo - smartphone


Sujet intéressant s'il en est, et surtout, voué à connaître un bel avenir. La présence d'un appareil photo sur la quasi-totalité des téléphones pose-t-elle un problème d'usages ? Et de légalité, alors ?

On le sait, Amazon propose une application permettant de prendre une photo d'un objet pour le retrouver sur la boutique du marchand, ou dénicher un objet similaire. Cependant, Wired approche le problème sous un autre angle.

Ainsi, la croissance des téléphones portables équipés d'un Appareil Photo Numérique poserait de plus en plus de problèmes en Asie.

Des usages décalés de la technologie

Mizuko Ito, expert dans le domaine de la téléphonie à l'université Keio de Tokyo : « Le problème avec une nouvelle technologie, c'est que la société doit encore arriver à un accord commun sur le comportement approprié. » En l'occurrence, peut-on photographier un livre, une page de livre, sans craindre quoi que ce soit ?

Que ce soit en librairie ou en bibliothèque, l'association des éditeurs de presse au Japon a lancé une grande campagne de sensibilisation, pour que les consommateurs saisissent les enjeux de cet acte.

Pour l'heure, une page de magazine ne sera pas parfaitement photographiée avec l'APN d'un smartphone. Pour l'heure, oui... mais si l'on utilise en plus des logiciels de traitement d'image, la donne change.

Attention à ce que l'on clic-clac

Contactée par ActuaLitté, Me Magalyt Lhotel, avocat à la cour, spécialisée dans les questions de propriété intellectuelle est formelle : « C'est bien du piratage. Dans les bibliothèques on interdit de photographie les oeuvres, parce que cela représente une infraction au code de la propriété intellectuelle. Il s'agit d'une reprographie, qui pourrait tomber sous le coup de l'exception de copie privée ou de copie à des fins d'archivages. Mais pour ce faire, il faut avoir acquis le support original. Dans le cas contraire, c'est bel et bien une contrefaçon. »

Ainsi, l'acte de reproduction n'est pas du tout autorisé pour un particulier qui se rendrait dans une librairie pour immortaliser avec son smartphone des extraits de Camus. « Non seulement c'est une infraction, mais cela peut être aggravé selon l'usage que l'on fait de l'image ainsi reproduite », conclut Me Lhotel.