Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour attaquent le mythe Céline

Victor De Sepausy - 02.02.2017

Edition - Société - Céline - Taguieff - Duraffour


Dans un livre aussi lourd que documenté le philosophe Pierre-André Taguieff et l’historienne Annick Duraffour s’attaquent au mythe que représente Céline. L’auteur de Voyage au bout de la nuit en prend pour son grade dans ce pavé de 1180 pages édité chez Fayard et qui vient de sortir sous le titre Céline, la race, le Juif (35 €).

 

 

Pour ces deux spécialistes, il n’est plus question de tenter de dissocier deux personnages chez Céline, celui de l’auteur révolutionnaire remettant en cause les formes traditionnelles de l’écriture romanesque, et celui de l’antisémite qui a signé Bagatelles pour un massacre.

 

Cherchant à rétablir une forme de vérité historique, Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour se sont attachés à réunir une importante documentation allant dans le sens d’une remise en cause d’une partition de l’œuvre de Céline qui séduit toujours les amoureux de ce parler populaire introduit avec énergie et originalité dans le genre romanesque.

 

Pour les auteurs de ce travail de recherche méticuleux, il ne fait plus aucun doute que l’antisémitisme de Céline était loin d’être un accident de parcours. C’est bien plutôt un élément qui se trouve au cœur de sa personnalité trouble et antisociale.

 

A leurs yeux, on ne peut plus faire de Céline un écrivain passif durant la Seconde Guerre mondiale. Bien au contraire, le statut de collaborateur du régime nazi ne peut être nié. Voilà encore un ouvrage qui va donc remettre en jeu un débat qui ne date pas d’hier et qui n’est certainement pas près de s’éteindre malgré la masse de documents rassemblés dans ce nouvel ouvrage à charge contre Céline.