Pierre Bergé préfère le supplément livres du Figaro à celui du Monde

Antoine Oury - 03.10.2013

Edition - Société - Pierre Bergé - Le Monde - supplément livres


Un des trois actionnaires du Monde, Pierre Bergé, semble peu satisfait de son investissement : dans la revue politique et culturelle Charles, dont le premier numéro est paru hier, il dézingue le cahier Livres du journal, sans pincettes. Les journalistes lui ont répondu aujourd'hui dans un communiqué signé par la Société des Rédacteurs du Monde. Ambiance.

 

 

© Matthieu RieglerCC-BY

 

 

Interrogé par Arnaud Viviant, son confrère du Prix Décembre, l'homme d'affaires ne cache pas toute la sympathie qu'il éprouve pour les journalistes culture du Monde :

Je peux vous dire que je désapprouve le plus souvent le supplément littéraire du ‘‘Monde''. Parce qu'on n'y parle pas de livres. Parce qu'il y a un chroniqueur qui s'appelle monsieur Chevillard, qui se croit un bretteur, et qui croit intelligent de descendre le livre de Giscard d'Estaing, le livre du petit [Alexandre, NdR] Jardin, des choses qui n'ont pas besoin d'être descendues parce qu'elles n'existent pas.

Et, plus loin dans l'interview, critique la ligne éditoriale de Jean Birnbaum, directeur de la rédaction, pour encenser celle de son confrère Yann Moix : « Et je regrette que ce soit dans ‘‘le Figaro'' que je lise un article de Yann Moix qui me fasse déplacer dans une librairie pour acheter un livre… »

 

La SRM a répondu à l'actionnaire en regrettant que celui-ci « tente d'intervenir dans la ligne rédactionnelle du journal par des propos blessants à l'encontre du Monde des Livres et de l'ensemble de ses collaborateurs », et en l'invitant  relire la charte d'éthique et de déontologie du journal, qui sépare distinctement rédaction et conseil de surveillance pour éviter tout contrôle de l'information. Qui plus est, la SRM avait validé à 90 % l'offre Bergé-Pigasse-Niel il y a trois ans, au moment du rachat du quotidien.

 

Par ailleurs, la SRM siège elle aussi à la table des actionnaires, même si elle reste minoritaire.

 

Sinon, M. Bergé, vous pouvez vous tourner vers Internet, aussi...