Pierre Coursières : “Furet du Nord et Decitre sont le premier libraire de France”

Nicolas Gary - 23.01.2019

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Depuis le 17 janvier, le groupe Decitre et le Furet du Nord sont donc sous le même pavillon. Portées par la holding FDN Finance, les deux structures persisteront avec leur propre identité. Pierre Coursières, PDG du Furet, revient avec nous sur cette acquisition, et les évolutions que vont connaître les entreprises.

Inauguration Furet du Nord Kremlin Bicêtre
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

« Pas de fusion, certainement pas », assure Pierre Coursières. Parce qu’il importe avant tout que les deux marques, associées fortement à des territoires, continuent leur parcours. Sous la holding, ce sont quatre sociétés qui sont rassemblées : Furet du nord SA, Furet BE (les deux établissements situés en Belgique, repris en mars 2018), ainsi que les librairies de Decitre SAS et Decitre Interactive – SSII qui réunit la base de données ORB, le site marchand decitre.fr, etc.

La structure TEA, The Ebook Alternative, qui développe et distribue des livres numériques, ne fait pas partie de la transaction – dont le montant n’a évidemment pas été dévoilé. Guillaume Decitre restera d’ailleurs président de TEA. 
 

Donner une cohésion globale aux équipes


En réunissant toutes ces activités, le groupe représente plus de 144 millions € pour l’année passée – 82 millions € pour Furet et 62 millions € pour Decitre. « Nous devenons ainsi le premier libraire de France, en regard du code APE de ce secteur, avec plus de 50 % de notre chiffre d’affaires réalisé dans le livre », poursuit le PDG.  

Mais si « le plus simple est passé, il va falloir nous retrousser les manches désormais », plaisante-t-il. Avec un premier effort à fournir pour que les équipes respectives soient pleinement intégrées à l’ensemble du groupe. « Nous venons de finaliser un comité de direction mixte, où se retrouvent la directrice des achats de Decitre, Laurence Lauters, et le patron de Decitre interactive, Nicolas Pastorino. C’était un point très important pour moi. »

Le développement respectif des deux groupes montre combien leurs orientations pouvaient aboutir à une réelle complémentarité. D’un côté, le développement de magasins chez Furet : le 20e établissement avait été ouvert en octobre 2018 près de Maubeuge. Depuis août 2011 et la création de la librairie dans le Val de Marne, Le Furet a en effet ouvert sept nouvelles structures.

 

De son côté, Decitre avait porté l’accent et les investissements sur le développement numérique, pour aboutir à une solution technique reconnue pour ses performances. Désormais, c’est donc avec la perspective d’intégrer pleinement les outils de Decitre interactive que Furet va poursuivre sa croissance sur internet. « Cette étape d’une mutualisation des services supports, mis en commun, sera une priorité pour l’année 2019. »
 

Enrichir les offres, croître sur le numérique et le e-commerce


En somme, Furet.com continuera d’intervenir sur le volet marketing, tout en profitant comme une marque blanche des solutions techniques de Decitre interactive : la technologie, l’entrepôt et les solutions numériques de e-commerce. « Il s’agit de connecter Furet.com pour bénéficier des performances technologiques. »
 
Dans le même temps, la directrice des achats pilotera les deux directions produit, pour prolonger l’intégration. Et sans modifier les identités propres, instaurer une plus grande homogénéité. « Humainement, l’enjeu est important : les équipes doivent se considérer sur un pied d’égalité, c’est notre perspective depuis le départ. »

Pierre Coursières - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
Autre étape, se concentrer sur l’offre produit des librairies Decitre, pour l’enrichir. « Ce que les établissements lyonnais proposent est moins varié que l’offre Furet. Nous allons travailler sur le mix produit, pour élargir la gamme. De la sorte, nous dépendrons moins du marché du livre, et obtiendrons une meilleure rentabilité. »

Sans envisager de travaux, « seulement des réagencements de l’espace et une mise en place opérationnelle », le PDG pointe en premier lieu le développement de rayons hors livres. « L’exemple de Furet nous montre que le public est très réceptif à l’offre jeux et jouets, qu’il voit en cohérence avec la dimension culture et loisirs. Nous verrons donc comment accroître cette présence dans les librairies Decitre. » De même pour la papeterie fantaisie, « nous pouvons aller plus loin ».
 

Des marchés publics à l'action politique


Une autre activité importante pour Decitre reposait sur les marchés publics et les appels d’offres. « Ce segment représentait 20 à 22 millions €, quand il ne pèse que 6 millions € pour nous. Le groupe aura donc près de 15 % de ce secteur, que l’on estime autour de 200 millions €. » 

En l’état, insiste Pierre Coursières, « l’outil de Decitre pour les collectivités est le meilleur du marché. Nous n’allons pas renoncer à cet apport en chiffre d’affaires, bien au contraire : nous disposerons désormais d’une solution plus efficace, et maintiendrons les équipes commerciales territoriales ». Une seule plateforme pour les deux entités, là encore, pour optimiser l’activité. 
 
Côté politique, Furet et Decitre étaient membres actifs, de longue date, du Syndicat des Distributeurs de Loisirs Culturels (SDLC). « Nous maintenons notre présence, évidemment, aux côtés de nos partenaires. » En revanche, devenu le premier libraire de France, Furet/Decitre cherchera à renouer avec le Syndicat de la Librairie Française (SLF). « Guillaume Decitre avait quitté le SLF, et le Furet n’en était pas membre, mais il faudra à l’avenir nous en préoccuper, bien entendu. »

Au cours des mois – et années – à venir, Furet/Decitre mettra donc en place « une stratégie de la 3e voie. À savoir, faire vivre plusieurs marques côte à côte. C’est la spécificité de notre structure, avec une complexité que nous sommes les seuls à pouvoir appréhender ». Et qui permet, bien évidemment, de pouvoir regarder vers l’avenir avec à l’esprit la recherche d’intégration d’autres structures.


Commentaires
Ah, ben y'en a un du côté de la Belle Endormie qui doit faire la tronche… Denis Mollat ne possèderait donc plus la plus grande librairie indépendante de France ?

Lou
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