Pierre-Louis Basse quitte Europe 1, désabusé par l'audiovisuel

Clément Solym - 11.09.2011

Edition - Société - medias - audiovisuel - presse


L’information est connue depuis quelque temps, mais la disparition de Pierre-Louis Basse de la station Europe 1 n’est pas un simple fait anodin. L’intéressé revient en effet dans une tribune sur ce départ, un peu avant de prendre ses nouvelles fonctions.

Publié chez Stock, au Serpent à Plumes ou encore au Castor astral voir dernièrement chez Hugo et Cie, pour une collaboration avec Carole Bitoun - L'histoire de France vue à travers ses manifestations de rue - les conclusions que Pierre-Louis Basse pose dans sa tribune sont assez atterrantes.

« Il y a donc aujourd’hui, dans notre pays, danger pour celui ou celle qui s’imaginerait, hors le rire à tous les étages, ou le comique de répétition du buzz – dernières illusions entretenues savamment par le pouvoir – qu’une société peut-être critiquable en profondeur. »


On a connu plus enjoué et moins sinistre vision de la société médiatique. Mais il y a pire : « Mieux vaut la fange médiatique diseuse de bonne aventure et le cirque du mercato qu’une agora digne. Mieux vaut un bateleur agité n’hésitant pas en direct à réclamer le retour de la peine de mort que la dignité d’un débat creusant tous les possibles. »

Taclant ici et là ceux qui prendront sa suite sur Europe, sur les ondes et finalement, qui dans la presse, et particulièrement l’audiovisuel, « auront donc pour mission, cette année, de servir la bonne pâtée à des clients électoraux », Pierre-Louis Basse ne se fait plus d’illusion sur le travail du journaliste.

Mais il ne baisse pas les bras pour autant : « Cela vaut bien la peine d’aimer encore et toujours la fulgurance de ce bon vieux Scott Fitzgerald : “Il faut savoir que les choses sont sans espoir, mais néanmoins essayer de continuer à les changer.” Comptez sur moi pour mouiller la chemise. À bientôt. »

Bonne chance, Jim !

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