Pillage, vandalisme : qui veut tuer les petites bibliothèques de rue ?

Julien Helmlinger - 20.10.2016

Edition - Bibliothèques - Little Free Libraries - pillage vandalisme - destruction bibliothèques rue


Une malédiction semble s’abattre sur l’initiative des Little Free Libraries, qui bourgeonnent depuis quelques années à travers le monde. Des petites boîtes permettant à tous de s’échanger des livres gratuitement, un concept sympa sur le papier, mais dont la matérialisation est moins idéale pour leurs adeptes. On en viendrait à évoquer la « tragédie des biens communs ».

 

 

 

Les petites bibliothèques gratuites ont la vie dure. On en déplorait déjà de volées, comme ce fut le cas pour un ancien réfrigérateur converti en bibliothèque de rue au Brésil, d’autres ont été menacées de destruction par la Ville d’Ottawa, voire simplement vandalisées comme à Lincoln, Nebraska. Plus récemment, c’est à Minneapolis — St Paul que des Little Free Libraries ont été complètement vidées, et ce plus d’une fois.

 

Voilà deux ans que son compagnon lui a offert une de ces boîtes, et depuis Bethany Gladhill s’en occupe avec un certain enthousiasme. Elle fait notamment attention à ce que le stock reste approvisionné – mais avait remarqué, voilà deux mois, que quelqu’un y avait fait le ménage par le vide.

 

Le phénomène se serait ensuite reproduit plusieurs fois, après chacun de ses ravitaillements. À force sa petite entreprise non lucrative a été « entièrement pillée », et va en conséquence « devoir fermer pour un moment ».

 

Le mystère reste entier quant aux coupables et leurs motivations. Des témoins affirment avoir vu un homme pressé se ruer sur la boîte pour en extraire tout le contenu avant de s'enfuir. Il ne serait bien sûr pas le seul responsable dans ce pillage de livres gratuits – qui disparaissent aussi ailleurs. Un autre philanthrope aurait retrouvé un de ses bouquins, identifié parce qu'il était marqué, revendu dans un magasin d’occasions. 

 

Cui bono ? Cicéron aurait pu suivre la piste d’un libraire.

 

Nate Hoffelder, du Digital Reader, en vient quant à lui à se remémorer ses classes d’économie et plus particulièrement une théorie du XIXe sicèle : la tragédie des biens communs (Wikipédia). Celle-ci suggère que lorsqu’une ressource limitée sert de bien commun à un groupe, cela peut mener à un conflit entre intérêt individuel et intérêt général.

 

La conséquence est alors un résultat perdant/perdant : d’un côté, la ressource mise à disposition est surexploitée, de l’autre, il est difficile de maintenir à l’esprit de chacun la valeur qu’elle peut avoir – en l’occurrence, le partage gratuit de livres. 

 

(via TwinCities, TheDigitalReader)


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