Pilonner or not pilonner : La vie des livres... après le Salon

Clément Solym - 19.03.2012

Edition - Les maisons - livres - Salon du Livre - éditeurs


Des milliers de livres, un grand rendez-vous pour les auteurs, les éditeurs et les lecteurs, une sacrée aubaine pour les uns et un trou dans le porte-monnaie des autres. Mais que vont devenir les livres qui n'ont pas été vendus au Salon ?

 

La grande majorité d'entre eux seront réexpédiés aux distributeurs. Comme de nombreux libraires sont engagés, durant tout le Salon, par les maisons d'éditions pour tenir leurs stand (exemple : les éditions de Minuit avec la Librairie Compagnie, située rue des Ecoles à Paris), ces retours s'organisent exactement de la même façon qu'en librairie.

 

 

 

Chez Mercure, Au Diable Vauvert, Viviane Hamy, Actes Sud ou encore Payot, les retours sont organisés après le Salon vers les diffuseurs : Sodis, UD, Volumen, Interforum... vont donc recevoir prochainement des cartons d'invendus suite au Salon de la quasi-totalité des éditeurs présents. Des petits éditeurs, comme les éditions Corentin de la Région Aquitaine, ne sortent pas de nombreux exemplaires. Ceux-ci sont précieusement remballés après le Salon et rapportés directement chez l'éditeur.

 

Certains sont-ils détruits ? Globalement, les maisons n'ont pas à se plaindre de visiteurs irrespectueux de leurs livres. Très peu sont abîmés, les pertes sont donc très faibles. Au stand des Editions de Minuit, on reconnaît qu'il est difficile de maintenir les livres en état, et ce, dès la réception du stock envoyé par le diffuseur.

 

« Certains sont déjà abîmés à leur arrivée, nous explique le libraire. De plus, comme les livres des Editions de Minuit sont blancs, il est facile de se retrouver avec des marques, des traces de doigts, etc. Il suffit de les nettoyer un peu, de gommer les traces. Si certains sont trop abîmés, le diffuseur peut les pilonner, cela lui coûtera moins cher », explique-t-il.

 

Aux éditions du Vistemboir (région Normandie), l'éditrice Emmanuelle Chevalier estime que le pilon n'est pas une solution intéressante pour les éditeurs. « Organiser le pilonnage est une opération lourde, cela doit se faire devant huissier, et avec l'accord de l'auteur. Mais ce qu'il faut aussi considérer, c'est que ces ouvrages constituent un potentiel d'argent, des actifs de trésorerie qu'il faut déclarer. Après, le pilonnage signifie clairement l'échec de l'éditeur. On n'édite pas pour pilonner », dit-elle.

 

Sage réflexion.


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