Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Pinocchio : plutôt mentir que d'avouer ne pas avoir lu ces livres

Clément Solym - 26.04.2017

Edition - International - mentir lectures livres - Britanniques Seigneur Anneaux - mensonge lire livres


Depuis plusieurs années, des enquêtes réalisées au Royaume-Uni montrent que nos voisins Brexiters mentent sur leurs véritables lectures. Ils ne sont certainement pas les seuls, mais au moins le disent-ils, sans trop de retenue. La Reading Agency, organisation caritative, vient une fois de plus de mettre le doigt dessus.

 

Liar
FotoGuy 49057, CC BY 2.0

 

Prenant en compte un panel de 2000 répondants, l’étude menée montre que 41 % des Britanniques ont menti sur le nombre et le genre de livres qu’ils ont pu lire. L’affaire n’est pas nouvelle : dès 2009, on apprenait qu’ils étaient toutefois 61 % à avoir menti. Certains mentaient-ils alors sur le fait d’avoir menti, le doute plane encore.

 

Les adultes de 18/24 ans sont aujourd’hui les plus enclins à déformer la réalité concernant leur rapport au livre, à la lecture et au monde… En effet, ils sont 64 % à confesser des mensonges littéraires.


Ainsi, l’un des monstres sacrés de la littérature britannique, JRR Tolkien et son Seigneur des Anneaux n’aurait été lu que par 25 % de cette frange de la population. Les autres, en vrai, n’auraient fait que voir le film. Peter Jackson n’a donc pas fini de ruiner la génération des Millenials. Bon, certes un Britannique sur cinq est manifestement incapable de citer le nom d’un auteur, mais tout de même…

 

Après tout, depuis 2015, Tolkien n’est plus l’auteur favori des Britanniques, mais l’on peut comprendre que l’engouement pour son œuvre persiste et que les vrais-faux-lecteurs n’aiment pas être pris en flagrant délit de non lecture. 

 

Les enfants qui lisent Harry Potter souffriront de maladies mentales graves
 

Dans l’étude 2016, les ouvrages les plus faussement revendiqués étaient James Bond, de Fleming, Le Seigneur des Anneaux, Les Chroniques de Narnia, le Da Vinci Code, et Hunger Games

 

Et si l’on ouvrait des livres ?

 

La finalité de l’étude est tout de même de démontrer que les menteurs mentent à leur corps défendant : 67 % des répondants assurent qu’ils voudraient avoir le temps de lire plus, mais n’en ont simplement pas la possibilité. La moitié d’entre eux assure n’en avoir tout bonnement pas le temps. Et surtout, 35 % estiment ne pas trouver de livres qu’ils aimeraient véritablement lire. 
 

Pourquoi alors mentir ? Pour ne pas passer pour une buse, les Britanniques n’hésitent pas. Ajoutons le point des conventions sociales, et l’on apprend qu’une personne sur trois ne corrigerait pas son interlocuteur, qui se tromperait en parlant d’un livre. Et de fait : quand on parle bien des livres, on devient plus attirant, expliquent 60 % des répondants... Le sex-appeal des livres n’a jamais été à démontrer.

 

Chose d’ailleurs hilarante : en 2013, les sondés d’une enquête similaire avaient assuré qu’ils disposaient des grands classiques de la littérature internationale sur leur tablette — après les avoir téléchargés gratuitement. Or s’ils assuraient les avoir lus, finalement, les ebooks traînaient dans l’appareil, sans n’avoir jamais été lus.


via BBC