Piratage : arrêter de lutter contre des moulins à vent - et à paroles

Clément Solym - 11.06.2010

Edition - Justice - pirater - oeuvres - marché


Monsieur le président, je vous fais une lettre, que vous feriez bien de lire, pour éviter de passer pour une buse... Alex Turow a récemment été élu à ce poste à l'Authors Guild, et Brian F. O’Leary de Magellan Media Partners s'est fendu d'une lettre ouverte à peu près universelle. Qui mériterait vraiment que tous les responsables d'un peu partout ouvrent leurs esgourdes...

Parce que les dernières déclarations sur le piratage d'Alex ne valent pas tripette. Et qu'il est plus que temps que des personnes travaillant dans l'industrie arrêtent de proférer de belles âneries. « Je crois qu'il existe des marchés où le piratage de livres numériques est une perte nette », reconnaît Brian. Et d'évoquer le secteur des manuels scolaires, pour l'exemple.


Mais d'autres marchés pourraient avoir tout intérêt à se pencher sur la question - et non de l'expédier, comme Alex, avec un « le plus grand problème pour nous c'est le piratage ». Parce que la répartie de Brian est tout simplement juste : « Comment le savez-vous ? »

Récemment, une nouvelle étude a fait valoir que l'incidence du piratage sur les ventes n'était en rien démontrée ni acquise. Et de fait, aucune étude aujourd'hui fiable ne permet d'avoir sur la question autre chose qu'une idée, reposant sur un échantillon caduc - et surtout parvenant à des conclusions qui sont, sinon fausses, du moins prématurées. Grandement.

Alex évoquait de même la mort de l'industrie de la musique. « Mais l'industrie de la musique n'est pas morte », rétorque Brian, évoquant que le passage du vynile au CD a probablement été plus néfaste - selon certaines études. La leçon à retenir tiendrait en une phrase
« Ne pas prendre de mesures (comme retarder la sortie d'une version ebook) qui frustrent la demande des consommateurs. »
Conseil gracieux, à graver sur le fronton de son lit...

Changer de regard et de discours

Et depuis sa nomination, Alex Turow a fait de la piraterie son fer de lance, comme dernièrement durant la BookExpo, mais encore une fois, si les disquaires ont disparu, quel lien établi et indiscutable existe en ce fait et le téléchargement illégal ? Entre temps, un Apple est apparu avec son iTunes, qui proposait un choix bien plus vaste que ce que n'importe quelle boutique pouvait offrir, le tout depuis son canapé...

Enfin, pour ce qui est de l'opposition toujours facile qui dit qu'une oeuvre piratée, c'est une vente de perdue, « l'argument moral est juste », mais la promotion des oeuvres, quelles qu'elles soient est toujours passée par des promotions ou des offerts - cela fait même partie du jeu.

« Voici ce que je pense que vous devriez faire : gardez le piratage à l'ordre du jour, mais changez le discours dont vous usez pour en parler. Le but n'est pas de dire 'stop' au piratage, mais de comprendre son impact, et d'utiliser sa force pour les marchés où il peut avoir une conséquence positive. »

L'ensemble de ce discours de qualité est à reprendre en VO à cette adresse.



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