Piratage d'ebooks en France : l'offre attrayante pour ne pas subir

Clément Solym - 19.10.2009

Edition - Justice - piratage - ebooks - France


Dans une interview accordée au magazine 20 Minutes, Vincent Monadé, directeur du MOTif anticipe quelque peu l'étude EbookZ qui sera présentée cet après-midi à l'hôtel de Massa. Réalisée par Mathias Daval, cette dernière montre que près de 6000 titres sont actuellement disponibles sur internet, avec en grande majorité des BD, ce qui représenterait moins de 1 % de l'offre des éditeurs. Toujours pas de quoi inquiéter Hachette qui voyait Twilight pris dans l'enfer du piratage.

Selon le directeur du MOTif, l'étude montre bien que « les éditeurs doivent anticiper la révolution numérique pour développer une offre légale, payante, et ne pas subir ce qu'a connu le monde du disque ». Pour sauver le droit d'auteur, il en appelle à la participation de chacun, notamment par l'institution d'un prix unique du livre. Sur ce point, le ministre de la Culture a été récemment interpellé par les éditeurs.

Cependant, sur le fait de la musique, la Foire de Francfort avait accueilli une conférence, expliquant clairement que livre et musique ne pouvaient pas connaître le même avenir numérique. On évoquait en effet la présence d'offres légales bien plus avancées que pour la musique dans les premiers temps.

Vincent Monadé reste confiant à l'égard d'une offre légale, tant que cette dernière reste « plus attrayante », ainsi que Bruno Patino le préconisait déjà l'an passé dans son rapport. Les solutions apportées pour assurer l'avenir d'une offre payante luttant contre le piratage ne semblent cependant pas bien folichonnes : Vincent Monadé propose de créer « par exemple des communautés de lecteurs, ou [donner] des extraits de livres en avant-première ». Une chose que nous faisons déjà sur ActuaLitté en proposant au téléchargement les premiers chapitres de livres.

Et pour le livre papier ? « On se trompe si l'on considère le livre comme une sorte de Graal. » Vincent voit l'avenir avec une certaine cohabitation, sans pour autant se voiler la face car « à l'heure du cartable numérique les générations futures s'en passeront sans problème ». Nous serons présents pour cette conférence. Notre compte-rendu sera disponible en fin de journée.