medias

Piratage : Le SNE et sept éditeurs contre la Team AlexandriZ

Clément Solym - 30.10.2012

Edition - Justice - Syndicat national de l'édition - Team Alexandriz - piratage livres numériques


Jeudi soir, à l'Hôtel de Massa, fief de la SGDL, la table ronde consacrée à « Internet et le droit d'auteur » fut légèrement chahutée lorsque Sylvie Marcé, vice-présidente du Syndicat National de l'Édition, répondit aux sollicitations de l'écrivain Pierre Lemaître sur le piratage. Et pour cause : la vice-présidente venait de révéler, par surprise, le dépôt d'une plainte contre le site Team AlexandriZ, par 7 éditeurs.

 

 

Gauche à droite : Jean-Claude Bologne, Dominique Lahary, Nicolas Georges, Jean Martin, Marielle Gallo et Sylvie Marcé

 

 

Le modérateur Jean Martin, avocat à la cour et personnalité qualifiée au Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (CSPLA), a peut-être eu quelques sueurs froides : au moment où Sylvie Marcé annonce que « Le site a été attaqué par le Syndicat National de l'Édition... et 7 éditeurs », l'assemblée remue quelque peu. Il l'avait bien cherché, en qualifiant les éditeurs de « mous », comme pour asticoter la vice-présidente du SNE (voir la vidéo « Internet et le droit d'auteur » vers 136:30).

 

La vice-présidente répondait en fait à l'écrivain Pierre Lemaître, qui abordait la question du piratage par le biais du site Team AlexandriZ, « n°1 sur les ebooks FR » piratés. Au moment du Salon du Livre, l'auteur avait publié une tribune sur Libération, afin de marquer son mécontentement par rapport aux mesures des éditeurs contre la mise en ligne illégale de ses livres. Quelques mois après, il se dit « très étonné que ce site puisse continuer d'exister ». Ce qui chagrine encore plus l'auteur, c'est qu'un bouton Paypal « permet aux gens de rémunérer le site pour qu'il puisse pirater davantage ». Et face au « regard navré » de son éditeur, Pierre Lemaître se demande si le Syndicat n'est pas un peu « mou », pour reprendre l'expression du modérateur.

 

Une plainte, déposée par 7 éditeurs ? Tout naturellement, c'est d'abord vers Albin Michel que l'on se tourne, puisqu'il fut cité par Pierre Lemaître dans sa question... Bingo : « Oui, la Team AlexandriZ est bien attaquée par le SNE, et Albin Michel en fait partie » nous répond le service juridique de la maison. Et puis, le silence : « Je n'ai pas les éléments. »

 

Au Syndicat National de l'Édition, on confirme avoir agi en contrefaçon « au nom de la défense de l'intérêt collectif de ses adhérents aux côtés [...] ». Tandis que du côté de la Team AlexandriZ, on dit « n'en savoir pas plus à part l'annonce qui a été faite », et nous confirme « n'avoir jamais été approché, de près ou de loin, par le SNE ».

 

Sylvie Marcé, vice-présidente du SNE, remplace Vincent Montagne à la table ronde de la SGDL

 

 

Il faut se souvenir qu'en matière de lutte contre le piratage, une certaine loi Hadopi fait rage depuis maintenant quelques années. Mais si, au grand regret de la Haute Autorité, le monde du livre ne compte pas parmi les acteurs qui font défendre leurs droits, le SNE n'en a pas moins mis en place des solutions. D'ailleurs, à ce jour, le SNE nous a encore confirmé son intention de ne pas prendre part à l'Hadopi mais indique étudier des solutions de lutte collective contre le piratage. 

 

Reste que pour l'heure, le syndicat semble entretenir une certaine idée de l'organisation et de la coalition, quand on repense aux propos de sa vice-présidente à cette même table ronde de la SGDL. « Je peux témoigner au nom d'une PME : nous n'avons pas toujours les moyens de traquer les sites de piratage » souligne Sylvie Marcé. « Cela fait partie des responsabilités des éditeurs, donc nous le prenons au sérieux. »

 

D'après elle, la solution se trouvera « collectivement pour les petites maisons », tandis que les grandes maisons se reposeront sur leurs services juridiques.

 

Albin Michel et les 6 autres éditeurs, plaignants aux côtés du SNE, apprécieront. 

 

MISE À JOUR 17h30 : le SNE nous informe qu'il ne s'agit pas de sept, mais six maisons d'édition. Ainsi : 

 

« Le Syndicat national de l'édition (SNE) a décidé, au nom de la défense de l'intérêt collectif de ses adhérents d'agir en contrefaçon au côté de six maisons d'édition contre un site internet qui met à la disposition du public sur le réseau internet, sans autorisation préalable, une partie des fonds des éditeurs français.  Le SNE et les éditeurs sont déterminés à faire cesser les agissements de ce site alors qu'une offre légale riche et variée est à la disposition des lecteurs. »