Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Pirater le salon du livre de Paris : Livre Paris devient Libre Paris

Clément Solym - 23.03.2017

Edition - Société - hacker salon livre - salon livre Paris - libre Paris parodie


Le monde du livre rencontre le monde du libre : alors que l’interprofession piaffe d’impatience de découvrir les allées du salon – et les cuvées de Laurent Perrier de l’inauguration, soyons sérieux – une initiative se fomente. Un autre salon a été mis au point, qui reprend les codes de Livre Paris, pour le changer en Libre Paris. WTF ?

Définitivement, l’édition 2017 du salon sera placée sous le signe de la contestation : les correcteurs ont décidé d’intervenir directement au cours de la manifestation littéraire, pour dénoncer leurs conditions de travail, directement auprès du Syndicat national de l’édition. De leur côté, les bibliothécaires se sont donné rendez-vous pour évoquer l’austérité, la baisse des budgets, et la situation des établissements en France.

 

Une autre frange de l’édition pointe que la Grand Messe parisienne s’ouvre dans un contexte bien particulier. Il y eut précédemment l’étonnante sortie de Maxime Chattam, qui critiquait le prix d’entrée de la manifestation. Attaque facile, certes, qui déplorait : « On paye un livre, pas l’accès à la lecture (ou alors symbolique). » C’était peut-être mettre rapidement de côté qu’au cours des journées du Salon, des animations, rencontres, débats, etc., sont également organisés. Soit.

 

Mais en remontant le fil de cette pelote, on tombe aussi sur le projet de la SCELF que de collecter une taxe sur les lectures à voix haute – que ce soit dans les salons ou les bibliothèques. Étrange époque. Mieux : la décision de la Cour de justice de l’Union européenne, très contestée, autour du droit de prêt...

 

Autant de sujets que la programmation n’a manifestement pas pris le temps de mettre en exergue.

 

« C’est dans ce contexte houleux que l’initiative de Libre Paris est née. L’idée est de hacker le Salon du livre pour défendre une autre conception de la lecture, du livre ainsi que des pratiques d’échanges et de partages qui sont inscrites dans son ADN », écrit le billet-manifeste.

 

Une sorte de hacking culturel de la plus grande librairie – payante – de France, qui détourne avec humour les codes, pour déployer un autre salon.

 

« Un compte Twitter a été mis en place à cette occasion ainsi que le hashtag #LibreParis où vous pourrez suivre leurs actions en amont et pendant le Salon du Livre. Des livres numériques seront partagés à cette occasion pour rappeler que les livres et la lecture doivent rester libres. »

 

Et de conclure : « Cette action est l’occasion de rappeler que les bibliothécaires rejettent les DRM et ce n’est pas l’arrivée prochaine de LCP qui va les faire changer d’avis ! »