Plainte contre sa ville natale : Harper Lee tire sur l'oiseau moqueur

Nicolas Gary - 18.10.2013

Edition - Justice - Harper Lee - droits d'auteur - défense


Décidément, la romancière Harper Lee, à 87 ans, devrait souscrire à un abonnement spécifique pour les tribunaux. Après avoir réglé un différend qui l'opposait à son ancien agent, accusé d'avoir détourné de l'argent sur ses droits d'auteure, c'est un autre procès qui se profile. Mais toujours sur la question des droits d'auteur de son unique ouvrage, To Kill A Mockingbird.

 

 

To Kill a Mocking Girl.

 

 

Le musée du patrimoine du comté de Monroe (Alabama) a reçu, le 10 octobre dernier, une plainte pour avoir prétendument exploité la marque et les droits de Lee, selon la presse locale. Accessoirement, c'est la ville natale de la romancière...

 

La ville aurait tenté de capitaliser sur le livre - et pour cause, le livre prend place justement dans cette cité. Ainsi, le logo de la ville aujourd'hui est un Oiseau moqueur, que l'on retrouve sur la coupole de l'ancien tribunal, qui sert de décor au spectaculaire procès du livre.

 

Le musée est plus encore coupable dans cette affaire. « Son travail réel ne concerne pas l'histoire. Au contraire, sa mission principale est de tirer profit de cette histoire fictive, des éléments, des personnages que Harper Lee a créés dans To Kill A Mockingbird, et de profiter de la renommée même de la plus célèbre auteure de la nation », précise la plainte. 

 

On retrouve dans le musée différents objets, comme des tabliers, des vêtements, savons et autres verreries, avec, semble-t-il plus de 500.000 $ de chiffre d'affaires durant l'année 2011. Or, l'établissement ne s'est pas privé d'une réponse bien sentie, et publique, contre cette plainte.    

 

Bien entendu, l'avocat du musée dément tout ce qui est avancé dans la plaine. « Il est triste que les gestionnaires cupides de Harper Lee aient jugé bon d'attaquer un musée à but non lucratif, dans sa ville natale », précisent-ils. D'autant plus que la ville elle-même a été associée à l'auteure depuis plus de 20 années, et qu'en agissant de la sorte « les gestionnaires ne font rien de mieux que gaspiller son argent pour un procès. Le musée est entièrement dans son droit, et mène sa mission comme il l'a toujours fait. » 

 

On soulignera qu'une célébrité qui lutte pour ses droits d'auteur, c'est assez commun, mais qui attaque sa ville natale, c'est nettement plus rare.