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Plan librairie : Aurélie Filippetti rendra 2 points de rentabilité

Nicolas Gary - 13.03.2013

Edition - Economie - librairie - évasion fiscale - Amazon


À l'occasion du Salon du livre de Paris, la ministre de la Culture doit présenter le plan pour la librairie, dont l'objectif premier est d'améliorer la rentabilité des librairies de 2 %. Et comme, en deçà de cette rentabilité, le secteur est considéré comme à risque, les 2 % « guideront toutes les demandes et les réflexions », expliquait le Syndicat de la Librairie Française.

 

 

Librairie Wallonie-Bruxelles Paris

Librairie Wallonie-Bruxelles, (CC BY_SA_NC 2.0)

 

Or, il faut se souvenir au matin de Noël, le député UMP des Yvelines, François de Mazières, avait interpellé la ministre. Établissant un tableau sombre de la situation - quoiqu'assez lucide -, il réclamait à la ministre qu'elle expose les moyens d'action qu'elle mettrait en place « pour soumettre Amazon au droit commun ». C'est qu'en effet, la firme américaine avait profité d'aides à la création d'emplois, de la part de l'État, tout en restant redevable de 198 millions € d'arriérés d'impôts « d'intérêts et de pénalités liés à la déclaration à l'étranger de chiffres d'affaires réalisés en France au cours des exercices 2006 à 2010 ».

 

C'était donc une question posée le 25 décembre, et la ministre, à quelques jours maintenant du Salond du livre de Paris, vient de présenter les futures grandes lignes de son plan pour les librairies, dans une réponse publiée sur le site de l'Assemblée nationale. Les commerces culturels comptent « au nombre des priorités de l'action » du gouvernement. 

 

Conformément à l'engagement pris par le Président de la République, la représentation nationale a décidé de rétablir l'application du taux de TVA réduit pour le livre, rappelant ainsi que ce produit culturel constitue un bien de première nécessité. 

 

En outre, elle rappelle que deux missions (confiées à l'Inspection générale des affaires culturelles), ont fait ressortir plusieurs conclusions. 

  • l'une concerne l'avenir de la librairie indépendante sur les réseaux de vente en ligne et de commercialisation des livres numériques ; 
  • l'autre porte sur les dispositifs de soutien existants en faveur des librairies, que la ministre souhaite voir rationalisés et renforcés afin de mieux répondre aux besoins et aux attentes des libraires;

Enfin, une grande consultation des « des instances représentatives de la chaîne du livre concernées, de l'ensemble des acteurs du soutien à la librairie et des collectivités locales », a également été organisée. Et toutes ces réflexions ont porté sur « le renforcement de la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, sur la création d'une instance de médiation pour le secteur du livre, sur l'optimisation des dispositifs de soutien à la librairie et sur le renforcement des positions des librairies indépendantes sur le marché de la commande publique de livres ». 

 

Ainsi, avant la fin du premier trimestre en cours, le MCC, prenant acte des rapports qui lui seront remis, présentera les mesures qui s'imposent pour assurer aux librairies les 2 points de rentabilité perdus durant les dix dernières années. Mais attention : 

 

Pour ce qui concerne le cas particulier de l'opérateur de vente en ligne désigné par le parlementaire, les propositions issues du rapport de Messieurs Pierre Collin et Nicolas Colin sur la fiscalité de l'économie numérique devraient permettre de restaurer, par des mesures adaptées, des conditions équitables de concurrence et le maintien sur le long terme du modèle de la librairie.

 

L'Organisation de développement et de coopération économiques devrait s'emparer du sujet, justement par l'ouverture d'une réflexion sur le « renforcement des règles internationales en matière de lutte contre l'évasion fiscale ».