Plan Librairie : Filippetti annonce une perfusion de 9 millions €

Nicolas Gary - 25.03.2013

Edition - Librairies - Aurélie Filieppetti - plan libraires - Médiateur


« Les librairies sont évidemment fragilisées, nous le savons, avec le taux de marge le plus faible », par rapport à l'ensemble des commerces en France. La ministre de la Culture s'est positionnée immédiatement comme une voix compréhensive, à l'occasion d'un discours prononcé ce matin, au Salon du livre de Paris, sur le stand du Centre National du Livre. 

 

 

 

 

« Acteur fondamental de l'animation du territoire », le libraire s'inscrit, comme les bibliothèques dans le réseau qui permet la création et la diversité éditoriale, assure Aurélie Filippetti. Et de souligner le « pouvoir symbolique considérable du livre », outil qui sert à « apprendre, comprendre, rêver ». Car « on lit pour devenir ce que l'on est », assure la ministre. 

 

Mais au-delà des différentes déclarations d'amour et d'affection, l'ensemble des professionnels réunis pour cette conférence venait entendre ce que les différentes missions avaient apporté de conclusions. Et elles furent longues à venir, après toutefois une introduction assez lyrique. 

 

La ministre a donc prôné « le maintien d'un équilibre entre les acteurs de la chaîne du livre », qui se concrétisera au travers d'un plan de 9 millions € accordés pour « renforcer les équilibres », parce que l'avenir de la librairie tient particulièrement au coeur de la ministre. 

 

Si le commerce en ligne progresse, « il faut en prendre acte et agir pour rectifier » les inégalités qui se creusent et les exercices de concurrence déloyale qui s'instaurent. À ce titre, la ministre s'inscrit dans le sillon des déclarations de François Hollande, devant l'ensemble des acteurs du livre, réunis à l'Élysée la semaine passée. « Si les librairies se délitent, demain c'est l'ensemble de l'économie de l'édition qui risque d'être profondément affecté. »

 

L'un des premiers enjeux, c'est le crédit en trésorerie, qui frappe directement les libraires. Le resserrement des banques sur ce point, particulièrement frileuses avec les libraires, dont on connaît les difficultés de rentabilité, serait alors compensé par une aide de 5 millions €. « Pour répondre à ce besoin urgent et crucial » , un fonds de trésorerie sera mis en place. On ignore encore d'où viendra l'argent, mais on sait que c'est à l'IFCIC que reviendra la responsabilité de cette gestion. 

 

L'IFCIC, Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles, verra ainsi sa capacité d'action triplée. 

 

Il s'agit également de renforcer les aides pour la transmission des librairies, dans le cas de la vente d'une boutique. L'action « discrète, mais vive » de l'ADELC servira à ce titre d'exemple. La ministre, saluant le travail de l'organisation, va mobiliser une somme de 4 millions € - des capacités qui seront donc plus que doublées. 

 

Là encore, aucune solution n'est donnée pour savoir d'où viendra l'argent. 

 

L'autre point important, c'est la nomination d'un futur médiateur, une demande particulièrement appuyée par la profession, et dont le rôle sera d'intervenir dans le cas de litiges, pour éviter à tout prix le passage devant la justice. Ce dernier sera une autorité intermédiaire administrative indépendante et interviendra pour l'ensemble de la chaîne du livre, quel que soit le secteur. 

 

 

 

 

En outre, la ministre va doter les agents de services de l'autorité nécessaire pour constater les infractions aux lois sur le prix unique du livre et du livre numérique. De la sorte, les agents de l'État pourront travailler de manière complémentaire avec le médiateur. 

 

Sur la question du fonds de soutien, il faut encore poursuivre la réflexion, assure la ministre, pour qui, dans les semaines à venir, une solution devrait émerger. Rendez-vous pour les Rencontres de la librairie, organisées cette année à Lyon, par le Syndicat de la librairie française, attendu que la ministre projette que la question sera réglée avant l'été. 

 

Reste qu'il est impératif  de « préserver la qualité de service et de prescription », des forces qui sont infiniment plus importantes dans les librairies physiques que sur les sites marchands. 

 

Il faudra également améliorer la compétitivité sur le moyen termes des librairies, et s'engager sur une solidarité globale, tout en accompagnant le secteur dans la transition vers la vente en ligne et celle de livres numériques, assure la ministre. Des solutions existent, pour permettre à un libraire de vendre sur son propre site, ou sur un site collectif, comme LaLibrairie.com, souligne-t-elle. 

 

Renny Aupetit, de LaLibrairie.com, contacté par ActuaLitté, apprécie à leur juste valeur l'ensemble des déclarations de la ministre. « La librairie en France a aujourd'hui un problème qui n'est pas conjoncturel, mais structurel. La ligne présentée par la ministre suit les déclarations du président sur la question du partage de la valeur. Le médiateur représente une mise en place des moyens, et il revient donc aux libraires de trouver les perspectives nécessaires, notamment auprès des fournisseurs, pour améliorer les conditions commerciales, et donc les marges de la librairie. »

 

En somme, l'État a créé un cadre pour permettre le rétablissement de la librairie, et permettre de redistribuer au mieux la valeur. Reste aux professionnels à trouver les solutions pour faire en sorte que la librairie aille mieux demain...

 

  130325 - Discours Salon du livre.pdf by ActuaLitté




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