Violence et jeux vidéo, l'amalgame de Plantu fait polémique

Clémence Chouvelon - 17.07.2015

Edition - Société - Plantu - caricature - jeux vidéo


Une caricature de Plantu, postée hier sur le réseau social Twitter, a fait vivement polémique. On découvrait un adolescent, une manette à la place des yeux et une ceinture d’explosifs à la taille, en train de jouer à la console devant un cadavre décapité. Son inspiration était un fait d'actualité récent, qui faisait état d'un attentat déjoué dont l'un des suspects serait âgé de 16 ans. La toile s'est enflammée, dénonçant les amalgames (trop) faciles de Plantu entre violence et jeu vidéo. 
 

 

Le titre du dessin Petits-cons.com, couplé à la légende « TERRORISME : Attentat déjoué : les suspects (le plus jeune a 16 ans) voulaient décapiter un militaire » est sans équivoque. Plantu a voulu faire référence à l’arrestation de quatre suspects, dont un ancien militaire, âgés de 16 à 23 ans, soupçonnés de planifier un attentat.

 

Mais, premier hic, le plus jeune des suspects a été relâché, comme l’annonçait l’AFP. Ce n’est pas ce qui pose le plus problème dans cette caricature, mais le rapport, sans aucune justification, entre une prévision d'attentat et les jeux vidéo. Un amalgame facile et lassant selon les internautes, qui n’ont pas tardé à réagir, interpelant le dessinateur sur le réseau social. 

 

 

La caricature, postée sur Twitter, est en fait une reprise d'un dessin paru dans Le Monde, en avril 2015, Autriche : un garçon de 14 ans planifiait ses projets d'attentat sur sa PlayStation. Dans le cadre de ce fait divers, le suspect s'était servi du disque dur de sa console pour stocker des plans de fabrication de bombes. Le rapport avec le médium jeu vidéo, qui influencerait négativement les jeunes et les rendrait violents, était alors tout aussi inexistant que dans le cadre du projet d'attentat contre l'installation militaire, puisque la PlayStation n'avait servie que de dispositif de stockage.

 

(via Arrêt sur images