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Plateformes, rabais, aides à la librairie : les libraires se retrouvent à La Rochelle

Antoine Oury - 25.06.2017

Edition - Librairies - La Rochelle RNL - RNL 2017 - rencontres nationales librairie


Les Rencontres nationales de la librairie se sont ouvertes à La Rochelle ce dimanche 25 juin : débats, rencontres, ateliers, les professionnels de toute la France, et leurs partenaires, se réunissent. En ouverture, le président du Syndicat de la librairie française, qui organise cet événement, a fait le point sur les préoccupations de la profession.


Rencontres nationales de la librairie 2017 à La Rochelle
Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la Librairie française
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


800 professionnels de la librairie et quelque 300 partenaires, comme des éditeurs et des diffuseurs, ont écouté le discours d'ouverture prononcé par Matthieu de Montchalin, le président du Syndicat de la Librairie française (SLF). Lequel se réjouit d'une telle audience : « Combien de professions réfléchissent ainsi à leur avenir ? » interroge-t-il d'entrée de jeu.

Si les libraires, surtout les indépendants, le font, c'est qu'on les a rapidement donnés pour mort, face à Amazon, aux grandes surfaces culturelles ou à la désertion des centres-villes.

Après plusieurs plans de soutien politiques, mis en oeuvre en 2007 (le « Plan Livre ») et en 2013 (le « Plan Librairie »), et quelques campagnes de promotion nationales, les libraires peuvent aborder l'avenir de manière plus sereine, sans pour autant renoncer à « moraliser » la vente de livres.

Cette démarche commencera dès demain avec l'annonce d'une Charte à destination d'Amazon et de plusieurs plateformes, qui formalise différentes bonnes pratiques comme le respect du prix unique du livre ou encore la présentation du livre d'occasion comme « d'occasion », et pas « comme neuf ».

Le SLF avance d'autres pistes pour aider la librairie, comme la généralisation de la remise de 36 % « à toutes les librairies, ce que certains diffuseurs font déjà, d'ailleurs », ainsi que « la discussion des rabais accordés aux particuliers et aux bibliothèques » poursuit Matthieu de Montchalin. La solidarité de la chaîne du livre est de nouveau mise en avant, particulièrement entre les libraires et les éditeurs : le SLF a d'ailleurs convié 15 éditeurs de la région Nouvelle-Aquitaine à ses Rencontres.

L'organisation professionnelle insiste aussi, avec le thème de ses Rencontres (« Économie, commerce et territoires ») sur le lien très fort des librairies avec leur quartier et ses habitants : « Pas de librairie sans centre-ville, pas de centre-ville sans librairie », insiste Matthieu de Montchalin, qui exhorte aussi ses collègues à se soucier de la relation avec les clients, sur laquelle « nos concurrents prennent de l'avance ».

Par le commerce, mais aussi l'entretien du lien social avec l'organisation d'événements, les libraires « ont leur rôle à jouer dans la revitalisation des centres-villes ».

Le travail collectif, notamment les échanges et la communication au sein de la profession, peuvent être améliorés, concède Matthieu de Montchalin, d'autant que certains leviers, comme l'aide à la trésorerie, ne sont pas toujours actionnés par des libraires dans le besoin. « Ce syndicat est celui de tous les libraires », souligne le président du SLF, qui vient de mettre en place un portail commun à 700 librairies pour communiquer plus facilement auprès du public.
 
« Un libraire indépendant n'est pas un libraire isolé ou individualiste », termine Matthieu de Montchalin, persuadé que tous les drones du monde ne pourront rien contre la meilleure arme des libraires, leur expertise.