Plongée dans le monde du sexe à New Delhi

Xavier S. Thomann - 21.01.2013

Edition - Société - New Delhi - Prostitution - Témoignage


L'agence Reuters vient de publier une interview de l'auteur indien Mayank Austen Soofi qui sort un livre intitulé Nobody Can Love You More. Dans ce livre, il dresse le portrait de la prostitution telle qu'elle a lieu dans le quartier de G.B. Road à New Delhi. Il s'attache notamment à décrire la vie quotidienne des femmes qui y travaillent, en insistant sur certains aspects de la vie quotidienne. 

 

Red Light District

 mattmangum, CC BY 2.0

 

L'auteur a passé trois ans dans ce quartier chaud de Delhi, il parle de « personnes ordinaires dans un monde extraordinaire. » La découverte de ce monde inconnu s'accompagne de photos en noir et blanc. Le livre est publié chez Penguin et donne la parole à de nombreuses personnes différentes de ce quartier, tout en privilégiant le témoignage de certaines d'entre elles. 

 

Il consacre une partie de son livre à une femme du nom de Sushma, dont il raconte la vie quotidienne. En effet, il montre comment cette femme mène une vie, par certains aspects, assez banale, entre les courses et l'éducation de ses enfants. Il explique qu'il a cherché à montrer tous les aspects de sa vie et de sa personnalité. 

 

En dépit de sa volonté de faire une description fidèle de la vie dans ce quartier, il explique qu'il ne « pense pas qu'il est possible de faire un portrait vrai à 100 %, mais j'ai pu interagir avec beaucoup de personnes et entendre de nombreuses choses. Je ne suis pas certain si chaque histoire que ces femmes m'ont racontée était vraie ou factuelle, mais ce qui comptait pour moi était d'écrire ce qu'elles pensent être leur histoire. »

 

Il a aussi donné un avis plus personnel sur la question. Il pense que c'est un monde en train de disparaître, l'une des raisons pour lesquelles il souhaitait le documenter. « Je pense que dans 20 ou 30 ans ce monde aura disparu. Je me suis dit que je devais faire quelque chose avant que cela ne soit le cas. Je voulais comprendre ce monde. »

 

Il explique même qu'un certain nombre des personnes rencontrées sont désormais des amis. En effet, il a passé la plupart du temps dans une maison close en particulier (celle qui porte le numéro 300) pour y observer la vie quotidienne. 

 

Toutefois, le livre n'a pas reçu que des critiques positives. Certains journalistes reprochent à l'auteur une certaine naïveté ainsi que des jugements un peu faciles à certains endroits. On lui reproche également de ne pas apporter des éléments forcément très pertinents et de manifester parfois un sentiment proche du dégoût. Cela dit, i s'agit de l'un des seuls travaux de ce genre sur un tel lieu.