Plus d'un an de fonds de roulement pour le CNL ? Le Point s'égare

Nicolas Gary - 29.10.2014

Edition - Economie - Centre national livre - fonds roulement trésorerie - registre ReLIRE


On a manifestement lu trop rapidement certains rapports au Point, en évoquant les caisses du Centre National du Livre. Alors que Fleur Pellerin évoquait la possibilité d'une taxe sur les cartouches d'encre, pour alimenter le Centre. Information démentie par le ministère, qui relativise : l'idée n'est qu'une piste parmi d'autres, et la taxe « n'était pas d'actualité ». Dont acte.

 

Treasure Chest

Tom Garnett, CC BY 2.0

 

 

« Le ministère étudie actuellement pour les prochaines années la possibilité de modifier la taxe affectée pesant sur les appareils d'impression et de reproduction qui pourrait inclure les consommables de ce type de matériels. Le taux pourrait en conséquence être diminué », assurait en effet la ministre devant la Commission des affaires culturelles élargie de l'Assemblée nationale.

 

Et Le Point fait du zèle, soucieux de décortiquer les manipulations gouvernementales. Le journal déclare en effet que le CNL disposerait d'un fonds de roulement « équivalent à plus d'un an d'activité ». Grands dieux, que l'idée serait douce… si elle n'était pas aussi fausse.

 

En réalité, le CNL dispose d'un fonds de 3 millions de roulement, autrement dit, ce que tout établissement public doit avoir d'avance de trésorerie, pour anticiper un problème X ou Y. Mais aujourd'hui, les fonds du Centre se sont amenuisés, et pour cause.

 

Ces derniers temps, le Centre a prévu 9 millions € pour le fonds de soutiens aux libraires, et 2 millions € qui ont été ajoutés par le président pour les reprises et transmissions d'établissements. 

 

Des dépenses dont la ministre a pleinement conscience, et qui justifiait d'ailleurs la recherche de nouvelles sources de revenus. « Le plan librairie [...] a été financé par des prélèvements sur le fonds de roulement [du CNL], non reconductibles, et, donc, le financement de la numérisation des livres indisponibles repose également sur ce mode de financement non pérenne, puisqu'il s'agit d'un projet à durée limitée », expliquait Fleur Pellerin devant ladite Commission.

 

Aux 3 millions d'euros actuels auraient pu être ajoutés 8 millions € sauf que ces derniers sont alloués au registre ReLIRE – le fameux projet de constitution patrimoniale d'une offre numérique reposant sur des oeuvres sous droit du XXe siècle, mais indisponibles commercialement. « Le montant avancé est amusant, mais totalement surréaliste », nous explique le président du CNL, joint par téléphone. 

 

Nota bene : quand le président du CNL, Vincent Monadé, a proposé au cours du 10e Forum de la SGDL de trouver de nouvelles pistes de rémunération pour les auteurs, par des revenus annexes, la journaliste du Point, n'a pas dégainé. 

 

Selon que vous serez, etc., etc...