Plus de 700.000 exemplaires de "Merci pour ce moment" en circulation

Nicolas Gary - 25.09.2014

Edition - Economie - Valérie Trierweiler - Merci pour ce moment - livre ventes


Nous l'évoquions ce matin, Merci pour ce moment, le livre de Valérie Trierweiler, a bel et bien suivi la voie qu'on lui prédisait. Publié par Les Arènes le 4 septembre dernier, l'ouvrage a déjà presque atteint les 450.000 exemplaires vendus. Le chiffre d'affaires, estimé à près de 9 millions € en fait bel et bien le livre fort de cette rentrée littéraire, au détriment des autres essais politiques – quoi qu'il soit difficile de classer l'ouvrage dans la catégorie essais.

 

 

 

 

Si dans les rangs de la distribution Hachette, la version imprimée a pu perturber quelque peu le bon déroulement des choses, reste que les ventes, établies par GfK, sont implacables : 442.657 ouvrages vendus, nous précisent Les Arènes, contactées par ActuaLitté. Or, les ventes numériques ne sont pas comptabilisées dans ce chiffre. « Les données nous proviennent de GfK et Eden Livres [diffuseur numérique, mis en place par Gallimard, Seuil-La Martinière, Flammarion] sont de 25.000 exemplaires numériques. »

 

Pour déterminer les origines de ces achats numériques, il faudra patienter. « Les détails précis n'ont pas encore été établis pour le moment », précise la maison. On verra cela au cours des prochaines semaines donc. Mais il faut donc ajouter les 442.657 exemplaires papier aux 25.000 numériques, pour obtenir le nombre de ventes réel : 467.657 exemplaires vendus donc...

 

Dans le même temps, on pourra toujours mesurer les ventes numériques aux téléchargements pirates. Ces derniers, sur le seul site Torrent411, seul à offrir une évaluation précise, et qui recense trois versions du fichier, pour un total supérieur à 49.000 exemplaires téléchargés. 

 

La contrefaçon dans le viseur, deux semaines après

 

À son lancement, ActuaLitté avait d'ores et déjà constaté que le téléchargement pirate était des plus importants pour un titre français. Bien que les données manquent cruellement sur cette question, l'avocat de la maison avait rapidement pris contact avec nous pour tenter de mettre un terme à ces contrefaçons. 

 

Selon les informations que nous avons pu collecter, le site Scribd, qui contenait trois exemplaires numériques, a supprimé tous les contenus illégaux – on pouvait consulter en streaming le titre, sans avoir à débourser quoi que ce soit. Un retrait effectué à la demande de Volumen - eDiffusion Seuil. Aucune autre recherche ne fait ressortir le titre : le ménage a été complètement effectué. 

 

Des problèmes d'accès à The Pirate Bay ne nous ont pas permis de poursuivre le recensement des ebooks piratés, mais, chose qui semble confirmer les conclusions du CSPLA, les résultats de recherche depuis Google font encore majoritairement apparaître des sites de contrefaçon. Sur 10 résultats de la première page, seuls deux sites de vente parviennent à ressortir.

 

En revanche, on retrouve sur quelques sites un message posté par le Webmaster, et faisant état d'une demande de retrait :

Ces derniers permettent le téléchargement illégal de l'œuvre intitulée «Merci pour ce moment» de «Valérie Trierweiler», édité par les Editions Les Arènes, diffusé par notre société.

Nous exigeons le retrait sans délai, dès la réception du présent mail, de tous moyens permettant le téléchargement de cette œuvre et/ou son accès par tous moyens.
Vous devez de ce fait considérer la présente comme une mise en demeure de nature à faire courir tous les délais, intérêts et autres conséquences que la loi, notamment l'article 1153 du Code Civil et les tribunaux y attachent.

 

Ironiquement l'un des sites frappés propose de télécharger un fond d'écran «  avec un paquet de « kleenex qui vient d'être jeté à l'instant » (tiré du livre) car il y a eu beaucoup de pleurs ». On appréciera le clin d'oeil et la note d'humour. 

 

100.000 téléchargements pirates, 150.000 ?

 

À plusieurs reprises, les pages sur lesquelles on tombe ont fait disparaître le lien de téléchargement pirate, démontrant que les Arènes ont pris au sérieux l'essaimage des fichiers EPUB, PDF et Kindle qui ont fleuri sur la toile. Bien entendu, la rupture de stock, ou les difficultés à se procurer le livre imprimé ont pu jouer sur le report vers l'achat en ligne – de même que le piratage. Si l'on considère que deux sites proposant, sans contrepartie financière, de télécharger l'ouvrage arrivent en top 5 d'une recherche minimaliste, on comprend mieux l'impact. 

 

« Les clients qui sont venus dans ma librairie, et qui ne trouvaient pas le livre en papier, préféraient se rendre chez un confrère pour obtenir l'objet », nous indiquait, peu après le lancement, la librairie Comptoir des mots. « Une preuve, selon moi, que les lecteurs voulaient sentir l'objet, avant tout, avant même que de le lire », estimait le libraire. De quoi relativiser l'engouement ?

 

Seules les données de T411 peuvent alors permettre de mesurer l'ampleur du piratage. « Il n'y aura pas de commentaires à faire sur ce piratage. En revanche, nous allons chercher des solutions pour porter plainte contre les sites qui présentent les reproductions de ce livre », nous précisait l'avocat des Arènes.

 

Mais un spécialiste de l'édition numérique avait ce regard « Nul doute que la rupture de stock a incité les internautes à aller chercher sur le net le Précieux. Pour un coup d'édition, c'est un coup énorme, parce qu'il est clairement le plus piraté de France depuis que l'on propose une offre numérique légale. Ce qui est certain, c'est que le chiffre de 31.000 ebooks téléchargés peut certainement être multiplié par deux, ou trois, sans peine. » 

 

Et d'ajouter : « Mais comment ne pas se précipiter sur la version numérique piratée, quand le fichier ebook est proposé pour 14,99 €, contre 20 € pour la version papier », analysait un spécialiste numérique, lors de notre premier article sur la question. Si les proportions sont conservées, on pourrait estimer au moins à 100.000, voire 150.000, le nombre de téléchargements effectués. Sans même prendre en compte les diffusions par emails, faites en toute discrétion. 

 

Avec une éternelle question : le téléchargement pirate représente-t-il une vente perdue ? Difficile de trancher...