Plus de place pour les livres, l'université sévit

Clément Solym - 28.04.2011

Edition - Bibliothèques - livres - place - université


Les bibliothèques servent-elles encore à abriter des livres ? Qu'elles soient scolaires ou publiques, leur place dans la société est-elle réellement celle d'un entrepôt de papier ? Pour l'université de Denver, la réponse est simple.

C'est la question qui est compliquée.

À l'instar d'autres établissements scolaires, la possibilité de passer au tout numérique est tentante, explique Nacy Allen, vice-doyen de la bibliothèque Penrose. Moins de collections patrimoniales, plus de supports pédagogiques dématerialisés... Et principalement dans les domaines des sciences humaines ou sociales - qui verraient disparaître leurs précieux livres.


Une chose qui serait impensable pour un laboratoire dont personne n'aurait l'idée de priver le scientifique. Et pourtant, c'est bien la possibilité. Parce que rénover la bibliothèque coûtera 32 millions $ pour 18 mois de travaux - il y a notamment toute l'amiante à supprimer. Et durant cette période, seul 1,1 million de documents restera accessible.

Supprimer le papier, d'accord, mais...

Or, si dans l'idée, les travaux ne posent pas problème, c'est dans l'absence de renouvellement du parc de livres que les professeurs et étudiants s'agacent. Si les oeuvres les moins consultées disposent d'une version numérique, progressivement, l'endroit ne sera plus qu'un parc à ordinateurs pour consulter des versions ebook de tel ou tel livre.

À Syracuse, un plan similaire a été mis en place dans l'université, depuis 2009. Tous les livres peu ou pas consultés se sont retrouvés stockés dans un local à quelque 400 km de la fac. Pas évident. Et le remplacement par des versions numériques n'a pas été parfaitement assuré : résultat, certains livres ont tout bonnement disparu...

(via Inside Highered)