Plutôt payer que d'être accusé de diffamation...

Clément Solym - 19.07.2010

Edition - Justice - critique - amazon - diffamation


Personne n'a oublié Orlando Figes, cet historien anglais, spécialisé dans les questions russes de l'époque stalinienne, qui avait bénéficié de critiques particulièrement élogieuses pour ses livres sur Amazon. Un fan de son travail en avait même profité pour tirer à boulets rouges sur d'autres publications de confrères. Très rouges, les boulets. Et dans un premier temps, on avait cru qu'il s'agissait de sa femme...

Mais voilà, la vérité éclate toujours au grand jour, même chez Amazon, et notre bonhomme avoue tout penaud que c'est lui l'auteur desdits commentaires. « J'ai honte de mon comportement, et je ne comprends pas du tout pourquoi j'ai agi ainsi. C'était stupide. Certains des commentaires, je le vois maintenant, étaient mesquins et peu sympathiques, mais ils n'étaient pas destinés à nuire. »

Pourquoi un tel revirement ? Parce que certains des auteurs frappés par la foudre des appréciations négatives envisagent de porter plainte. Et que ce brave Orlandi ne pouvait pas laisser sa femme assumer le poids de ses erreurs.

L'avocat de notre historien, professeur à Birkbeck, université de Londres, revient alors à la charge, tentant de disculper son client. Le boulot de tout avocat, en somme. Et alors qu'Orlando est en congé maladie depuis que le scandale a éclaté, qu'il a fait amende honorable et confessé ses fautes, il vient de décider qu'il était prêt à rembourser ses collèges historiens pour les dommages et les frais de justice qu'ils auraient pu engager.

Un règlement à l'amiable qui lui permet de bien s'en sortir alors que le Dr Rachel Polonsky, l'une des auteures diffamées avait déjà lancé son action en justice. Le professeur Robert Service avait agi de même.

En outre, Orlando s'est aussi engagé par écrit à ne plus recommencer. Sacré corbeau, honteux et confus, qui jure, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus...