medias

PODCAST – “C’est une période dont on ne doit pas sortir désespéré”, Séverin Cassan

Nicolas Gary - 06.05.2020

Edition - Les maisons - Séverin Cassan - management crise sanitaire - Martinière édition groupe


LES MOTS EN BOÎTE – Severin Cassan est directeur général délégué des éditions de la Martinière. Pendant le confinement il s’est chargé de faire l’intermédiaire entre tous les acteurs de l’entreprise et a tenté d’assurer, malgré le caractère exceptionnel de la période, des conditions de travail optimales. S’il se méfie des discours types qui martèlent que « plus rien ne sera comme avant », il a l’intuition que cette crise agira plutôt comme un « accélérateur de tendances ».



Severin Cassan


 

Severin Cassan s’est donc efforcé de maintenir le lien entre les différentes équipes, tentant, tâche pas toujours aisée, de garder une dynamique de groupe en période de confinement. Cela passe notamment par le fait de permettre aux équipes de bénéficier de leur outil de travail, avec l’envoi d’ordinateur à domicile. Il a également fallu adapter les méthodes de communication et mettre en place un système de visioconférence, avec ce qui est sans doute l’un des grands gagnants de cette pandémie, la plateforme Zoom.
 

Le calendrier éditorial est malgré tout bouleversé est c’est environ 30 % des titres de 2020 qui ont dû être reportés. Cependant les Editions de la Martinière ne sont pas à l’arrêt et un nouveau titre est déjà prévu pour juin, Severin Cassan essaie ainsi de jongler avec tous ces nouveaux paramètres. Et tente de « rester à l’écoute des collaborateurs, des auteurs et du marché »


Si sa formation et ses expériences précédentes dans le management lui sont précieuses, c’est véritablement sa passion pour les livres et l’édition, qui le porte depuis l’adolescence, qui lui a permis de traverser cette crise. En cette période difficile, l’amour de son métier lui permet de trouver l’énergie nécessaire pour être à la fois lucide et optimiste.

 

Une structure marquée par le confinement


La grande majorité de la production des éditions de la Martinière concerne des livres illustrés, que ce soit en jeunesse ou en beau livre. C’est donc un nombre assez important d’interlocuteurs qui doivent être mis en contact pour continuer à travailler. Le processus de conception des ouvrages prépresse implique en effet un nombre important d’acteurs qui ont besoin d’échanges constants. Le confinement est donc un véritable casse-tête pour la majorité des maisons du groupe.
 

Toutes les maisons n’ont pas pour autant été impactées de la même façon. Les éditons Delachaux et Niestlé qui publient des ouvrages sur la nature, la faune et la flore, réalisent ainsi normalement 30 % de leur activité du mois de mars au mois de juillet. C’est donc une période cruciale qui vient de leur échapper.


Les illustrateurs et auteurs jeunesse sont, quant à eux, fortement touchés par la fermeture des écoles, les rencontres en milieu scolaire ne pouvant se faire, c’est une source de revenus et de motivation qui disparait. À cela se cumule l’annulation des festivals et des salons littéraires, un véritable « crève cœur ». Mais le manager essai de rester optimiste et s’efforce de penser à l’après.

 

La crise, un accélérateur de tendance


« Cette catastrophe aura sans doute pour effet de nous pousser à réfléchir à la valeur ajoutée du livre et notamment du beau livre. » Durant le confinement beaucoup de lecteurs ont dû se mettre au diapason des jeunes générations et accéder aux productions culturelles via des outils numériques. Pour Severin Cassan il est clair qu’avec des digital natives qui sont « la première génération à ne pas considérer le livre comme le support d’accès principal à la connaissance » il est nécessaire que le livre se réinvente et parvienne à justifier sa valeur.
 

Pour le directeur de la Martinière, « c’est une période dont on ne doit pas sortir désespéré », mais au contraire trouver la force de se réinventer. Au lieu de déplorer la place qu’ont prise les GAFA dans nos vies, il faut tenter de s’adapter et par exemple considérer le fait d’apporter moins d’ouvrage, mais de mieux les apporter. Réfléchir également à l’importance du support numérique et notamment des réseaux sociaux, pour donner les moyens aux auteurs de fédérer leurs publics sur ces plateformes.


« L’édition est historiquement pas le secteur le plus en avance, mais beaucoup de progrès ont été fait. » Pour Severin Cassan les initiatives des librairies durant ce confinement sont par exemple une bonne illustration de ce mélange d’utilisation du digital pour la vente de support physique.
 

LIBRAIRIES : le click and collect, option à privilégier


« Je me méfie beaucoup des déclarations du genre “plus rien ne sera comme avant”. » La crise agirait plutôt pour lui comme un accélérateur de tendances « tout ce qui allait mal dans le secteur a été exacerbé ». Les critiques sur la surproduction éditoriale existaient, elles se sont renforcées, le numérique était déjà présent il devrait prendre une place encore plus importante dans la conception et la promotion des ouvrages.

Quant à la question de la généralisation du télétravail Severin Cassan y songe même si pour l’instant il avoue avoir « très envie de revoir les gens de manière physique ».

   

Dossier - Les Mots en boîte, le livre et ses secrets de cuisine

Jingle réalisé par Planète Event 


Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.