PODCAST – “Il y a des choix à faire, de société, de civilisation.” Christine Villeneuve

Nicolas Gary - 04.05.2020

Edition - Les maisons - femmes virus maladie - féminisme engagement combat - violences conjugales femmes


Propriétaire d’une librairie et d’une salle d’exposition, les éditions des femmes-Antoinette Fouque ont subi en quelque sorte deux fois le choc de la mise en quarantaine. Mais pour Christine Villeneuve, co-directrice de la maison, « le confinement n’empêche pas l’activité, elle l’a stimulée même, d’une certaine manière ». Cette pandémie est particulièrement difficile pour les femmes qui sont en première ligne, il semble que pour faire face à cette crise on ait plus que jamais besoin de pensées féministes.



Christine Villeneuve, DR


 

« Le jour qui a précédé la fermeture de la librairie, il y a eu un monde fou au magasin, comme si les gens avaient pressenti que les librairies ne seraient plus accessibles et en profitaient pour faire des stocks de livres ». Le 14 mars dernier, La librairie des éditions des femmes-Antoinette Fouque était contrainte, comme d’autres enseignes partout en France, de fermer ses portes. Pour cette maison engagée, le contact avec les client.es est essentiel. Plus que des livres, ce que Christine Villeneuve souhaite offrir, ce sont des conseils et de la solidarité pour un public notamment constitué de jeunes femmes à la recherche de pensées féministes.


D’autant que le mois de mars, avec sa journée internationale du droit des femmes le 8, est l'un des plus importants pour la maison. C’est un moment où la production s’intensifie et où la librairie propose de nombreuses nouveautés. Des ouvrages importants n’ont pas pu, pour l’instant rencontrer leurs lecteurs. C’est le cas de Clit-révolution écrit par Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles et illustré par Alice Des, tiré à plus de 7000 exemplaires, et avec lequel il était prévu de faire une tournée à travers toute la France pour que les deux autrices, connues sur Instragram, puissent rencontrer leur public.


Le lieu, qui possède une salle d’exposition, devait aussi accueillir l’artiste afghane Kubra Khademi et son travail sur « des femmes ordinaires », un évènement qui a du être annulé également. Les regroupements de plus de 10 personnes étant interdits avant le mois de juillet, c’est l’entièreté du calendrier d’exposition qui se retrouve bouleversé.

 

Des solutions numériques


Malgré ses difficultés le groupe ne se laisse pas abattre et propose d’ores et déjà des solutions numériques. Un petit film rétrospectif des dernières expositions de la galerie des femmes vient par exemple remplacer les visites. « On essaie d’être créatifs, de trouver des outils adaptés à la situation dans laquelle on est et qui risque de durer. »




 

Le site de la librairie ,très peu mis en avant en temps normal, a ainsi rouvert le 21 avril. Une initiative qui a rencontré un franc succès avec près de 70 commandes en à peine une semaine et a permis aux ouvrages sortis juste avant le confinement de commencer à vivre. Les lecteurs semblent avoir une prédilection pour les essais et les œuvres de fiction. Les éditions des femmes-Antoinette Fouque ont de plus profité de la période pour réaliser un projet de longue date et mettre en ligne 13 ouvrages numériques.

 

Autre bonne nouvelle, les éditions des femmes constatent également une augmentation de 200 % du chiffre d’affaires sur les livres audio. Les ventes ont augmenté en mars, mais surtout explosé en avril. La maison propose désormais sur soundcloud de longs extraits et des présentations plus approfondies des œuvres de la collection audio. Christine Villeneuve souhaite même aller plus loin et propose de partager les vertus du livre audio notamment pour les collégiens : « Vis à vis des enseignants on aimerait que les livres audio fassent partie intégrante des outils proposés. »
 

Un confinement annonciateur de combats futurs


Le confinement est particulièrement difficile pour les femmes. Surreprésentées dans des métiers habituellement peu considérés, infirmières et caissières, pour ne citer qu’elles, sont désormais louées comme les héroïnes de la nation et sont mises en première ligne. La pandémie agit comme un révélateur des inégalités et l’augmentation de 48 % des interventions policières à domicile pour violences conjugales donne le ton.




 

 

Deux ans après le mouvement Me Too, Christine Villeneuve craint un « backclash », un retour de bâton, une nouvelle poussée contre les droits des femmes. Si le gouvernement et Marlène Shiappa notamment semblent mobilisés « on voit bien que cela ne suffit pas et qu’il y a quelque chose qui résiste à l’avancée des femmes » et que de nombreux combats sont encore à mener.


Dans ses ouvrages Antoinette-Fouque, créatrice de la maison, prône un changement de paradigme, ce qu’elle appelle un nouveau contrat humain, où l’éthique du don et de l’accueil de l’autre remplacerait le capitalisme mortifère et l’individualisme qui va avec. « On peut espérer qu’on y parviendra, on est peut-être à un moment de notre histoire où c’est tout l’enjeu, qu’il y a des choix à faire, des choix de société, des choix de civilisation. »

 
 

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