PODCAST – Libraires et auteurs, “les plus fragiles de la chaîne du livre” Gaëlle Nohant

Nicolas Gary - 07.05.2020

Edition - Société - Gaëlle Nohant - librairies auteurs solidarité


LES MOTS EN BOÎTE – « Il existe une dimension un peu monacale obligatoire pour écrire des livres, mais précisément, cela n’a rien à voir avec le confinement que l’on vit. » Pour Gaëlle Nohant, les deux mois passés furent une période confuse. L’autrice nous parle de solitude, de solidarité, de librairies et… de Robert Desnos.

© David Ignaszewski-koboy
 
 

Quand on écrit, le monde se divise en deux périodes : celle, isolée, de la recherche, de la préparation, de l’écriture, et l’autre, de promotion. « Le confinement des écrivains est un confinement choisi. Ils décident de se cloîtrer, ils organisent leur retraite à certains moments, avec des rituels qui leur sont propres. Il s’agit d’un confinement volontaire, alors que là, c’est un confinement imposé », précise Gaëlle Nohant.
 

Son dernier ouvrage, La femme révélée (Grasset), a été frappé en pleine période de lancement. Pour autant, les solutions pour maintenir le lien avec le public se sont progressivement mises en place. Des amis, lecteurs belges, lui ont suggéré de mettre en place des rencontres virtuelles avec l’application zoom, devenue si populaire.
 

« C’était formidable. Je l’ai fait et je continue à le faire. Et les rencontres se multiplient. J’ai d’autres rencontres organisées par des libraires eux-mêmes. »
 

Elle a également pris part à un projet initié par Frédérique Deghelt, Un endroit où aller, où ont été inscrits une trentaine d’auteurs. « Avec, à chaque fois, des libraires différents, cela prend aussi la forme de rencontres virtuelles par zoom. » Ou comment la technologie peut nous rapprocher…
 

Mais cette période qui prend fin restera marquée par cette conclusion : « J’ai réalisé à titre personnel, cela m’a été confirmé, car je le savais déjà, que si je vends des livres, c’est vraiment grâce aux libraires. Ce n’est pas grâce à Amazon. »
 

En effet, « nous sommes vraiment aux deux bouts de la chaîne du livre, et nous sommes les deux bouts les plus fragiles. Nous avons besoin les uns des autres ».

 



Et puis, en grande lectrice de Robert Desnos, c’est un exercice d’exploration auquel elle se livre. Comment le rêveur éveillé aurait-il traversé cette épreuve ? 

« Déjà, je pense que dans un premier temps, il aurait été extrêmement frustré, parce que Desnos est un poète de la déambulation. C’est quelqu’un qui avait besoin de marcher jour et nuit dans sa ville à Paris, et donc, ça aurait été très frustrant de ne plus pouvoir le faire, d’avoir une attestation de sortie ou de ne pas pouvoir dépasser un kilomètre. Et ces déambulations sont parties prenantes de sa poésie et de ce qu’il est. »

Mais là encore, peut-être que la technologie lui aurait amplement servi. « Son souci premier aurait été d’apporter aux autres ce qui lui faisait du bien et ce qui lui était vital. »


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