Un poème vieux d'un millier d'années découvert dans un tombeau chinois

Julien Helmlinger - 19.11.2014

Edition - International - Chine - Archéologie - Poésie


Comme le rapporte la revue académique Chinese Cultural Relics, une mystérieuse tombe, vieille d'environ un millier d'années, probablement celle d'un noble de l'époque de la dynastie Liao, a été récemment explorée par des archéologues. Les fouilles ont eu lieu à proximité Datong, dans la province septentrionale du Shanxi. Du mobilier ancien, des fresques murales, mais aussi un poème traditionnel ont été découverts.

 

 

 

Fresque murale - Chinese Cultural Relics 

 

 

La dynastie Liao est d'origine mongole. Elle descend des clans nomades affiliés aux Khitans, mais son apogée aux environs de l'an 1000 correspond à ses victoires militaires contre les Chinois de la dynastie Song et les Coréens de la maison Goryeo. Leur empire s'étendait alors sur une part de l'Asie orientale, et notamment le nord de la Chine et un bout de l'actuelle Russie orientale.

 

Une grande partie de ses sujets était de l'ethnie des Hans, peuple chinois historique, et perpétuait la tradition poétique chinoise. La poésie était notamment l'affaire de l'élite sociale et par extension liée au gouvernement. Notamment à travers l'étude du Classique des vers, attribué parfois à tort à Confucius, qui était l'anthologie de référence, comportant 305 poèmes.

 

Si le propriétaire de la tombe est anonyme — aucun reste humain n'a été retrouvé —, sa supposée dernière demeure serait représentative de la tradition de l'époque. Les archéologues ont découvert un plafond peint, recouvert d'étoiles et constellations, des fresques murales chargées de mythes, de personnages avec offrandes et autres animaux tels un chat et un chien, peut-être de l'entourage du défunt.

 

Tout ce beau monde semble rassemblé, en peinture, autour d'un lit vide. Le défunt est représenté dans la tombe, par la présence d'une statue à son effigie d'environ un mètre de haut, selon les archéologues. Le personnage est représenté avec le sourire. Peut-être un substitut à la dépouille, une coutume funéraire chez les bouddhistes, mais le tombeau a probablement connu des pillages, précisent les archéologues.

 

Une partie du poème mural raconte : « Le temps dit que le bambou peut supporter le froid. Vivre aussi longtemps que les esprits de la grue et la tortue. »