Poitou-Charentes : des corners de livres autopubliés chez Leclerc et Cultura

Clément Solym - 04.07.2016

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La présence de livres autopubliés dans des rayons de librairies n’est en soi pas une nouveauté. Il est possible pour les auteurs indépendants de proposer aux libraires leurs titres, souvent sous la forme de dépôt-vente. En revanche, un corner dédié à des titres n’avait jamais été mis en place. Le groupe AParis, réunissant plusieurs structures d’autopublication, vient de passer un accord avec les centres culturels Leclerc.

 

 

 

C’est en Poitou-Charentes que les deux premiers corners sont désormais disponibles. On y trouvera des ouvrages issus des catalogues du groupe AParis, soit Edilivre, Publibook, Société des écrivains, Connaissances et Savoirs

 

Ce déploiement dans la région répond toutefois à plusieurs constats : d’abord, des ventes de livres plus ou moins importantes pour chacun des titres, dans la région. « Ensuite, nous avions déjà de bons contacts avec les établissements culturels Leclerc et Cultura. Et puis, vient un point pratique : la personne qui est en charge de cette distribution est originaire de la région, ce qui a facilité les échanges », précise David Stut, PDG de AParis.

 

Pour l’heure, on ne retrouvera les corners que chez Leclerc, simplement parce que les Cultura de la zone visée ont lancé des travaux qui retardent l’implantation de ces outils. 

 

Dans le marketing, on appelle PLV, Publicité sur Lieu de Vente, ces présentoirs aménagés chez les revendeurs. « Notre expérience pilote repose sur une sélection de cinq livres, qui s’étaient assez bien vendus – comprendre 800 à 1200 exemplaires, selon la date de parution. En outre, ils avaient bénéficié de retombées médiatiques intéressantes. Notre projet est toujours de démontrer que l’édition alternative dispose de plumes de qualités. »

 

Le sixième livre entre plutôt en résonnance avec la localité : il porte sur l’Hermione, le fameux bateau restauré. « C’est un livre qui pourrait plaire de Bordeaux jusqu’à Nantes... », estime David Stut. Un autre est le fruit d’une réalisation collective par les étudiants de Science Po Paris, sur l’école républicaine. Réunissant des plumes de diverses personnalités politiques – Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Patrick Bloche –, il présente un regard plutôt œcuménique.

 

Vers un déploiement national ?

 

Les titres sélectionnés, restait alors à mettre en place cette PLV. « Il faut prendre en compte les coûts de fabrications des présentoirs, négocier les éléments par volume : aujourd’hui, ils nous coûtent plus cher à produire que demain, si l’on déploie sur une plus large zone. » Et puis, des nécessités éditoriales, comme la correction des livres – qui peut être optionnelle selon les structures de AParis.

 

La première sélection d’ouvrages  est la suivante : 


C’est vous qui voyez, Docteur… de Jean-Marc Geidel : coup de cœur France Inter et Libération
L'École au chevet de la République écrit en collaboration avec Alain Juppé, Patrick Bloche, Marie Duru-Bellat etc et salué par La Croix, L’Opinion, La Depêche.
Mylène Farmer : une grande astronaute de Yannik Provost : vendu à plus de 2 000 exemplaires en 6 mois
L'Hermione, ma liberté de Serge Dérès : classé 4e dans la sélection "Sud Ouest" des livres sur L'Hermione
Théo n'y voit que du feu de Jennifer Cucit et Dorothée Walter et Les Histoires de Mamie de Jocelyne Delatte : deux livres jeunesses qui séduiront les grands comme les enfants

 

Chaque PLV contient ensuite une dizaine d’exemplaires de chaque ouvrage, proposés en dépôt-vente – pas d’achat ferme ni de commande. « Nous en sommes pourtant au troisième réassort, ce qui ne représente pas des volumes incroyables, mais nous fournit quelques informations précieuses. » Pour exemple, C’est vous qui voyez, Docteur… de Jean-Marc Geidel, fut un coup de cœur France Inter et bénéficia d’une chronique positive dans Libération. Mais les ventes ne sont pas nécessairement à la hauteur de cette médiatisation. « Probablement qu’un chroniqueur parisien a moins d’influence dans une zone de chalandise définie, que des livres qui traitent de sujets locaux... »

 

La suite, ce sera un déploiement plus important, et des discussions menées avec d’autres enseignes – Fnac, ou le Furet du Nord, pour exemple – mais également avec des librairies indépendantes. « Originaire de Bordeaux, je voulais travailler avec la librairie Mollat, évidemment. » Rencontrés voilà un an et demi, les responsables avaient opposé un refus ferme. « On nous expliquait que l’on faisait de la quantité, et que c’était nécessairement au détriment de la qualité. Depuis, nous leur avons proposé des sélections d’auteurs locaux, qui pourraient faire sens. »

 

La problématique première, pour des librairies plus modestes, sera le manque de place.