Polémique en librairie : anglais obligatoire, espagnol toléré... en cuisine

Clément Solym - 23.01.2010

Edition - Société - polémique - librairie - anglais


On parlerait volontiers d'un problème de langue, alors que la polémique dépasse quelque peu les clivages linguistiques, dans une librairie/café située à proximité de l'université de Yale. New Haven est une ville qui a connu un flot d'immigration et voilà que l'Atticus Bookstore and Cafe vient ruer inutilement dans les brancards avec une singulière politique que les employés sont tenus de respecter.

Dans une note à leur attention, il est stipulé que l'anglais est la seule langue qui devra être parlée dans la boutique ou derrière le comptoir. « L'espagnol est autorisé dans les cuisines, à la plonge et au niveau inférieur. Faisons en sorte que nos clients se sentent les bienvenus et à leur aise. » En somme, english sopken only, et le reste, on le déduit sans peine. Fais pas bon d'être tout bonnement touriste dans cette boutique... Pourtant, cette boutique devrait être sympathique : on y vend même des baguette, à la française...


Une politique linguistique qui s'apparente clairement à de la ségrégation, estiment d'ailleurs les étudiants de l'université, de même que certains professeurs interrogés, rapporte l'AP, et plus encore les clients. Pour certains, tout le charme de l'établissement vient aussi de ce que l'on peut y parler espagnol et qu'au contraire, cela devrait être obligatoire. Plusieurs habitués ont déjà signifié qu'ils ne mettraient plus les pieds chez Atticus !

Que faire pour le propriétaire, qui verra son magasin taxé sous peu d'apartheid ? Publier un communiqué ! « Nous encourageons l'utilisation de l'anglais parce que c'est moyen d'être plus utiles à nos clients. Afin de continuer à prodiguer le meilleur service possible, nous essayons d'aider les employés pour qui l'anglais est une langue seconde, en les aidant à l'améliorer par la pratique », explique Charles Negaro. Ce dernier a mis en place des cours de langue gracieux, et assure que chez lui, on aime toutes les langues.

Alors franchement, si sa note a offensé quelqu'un, il s'en excuse. Et la solidarité monte entre les propriétaires de commerce : après tout, Charles, c'est un membre de la communauté, il a le droit de faire ce qu'il veut. Ce qui choque, c'est que la ville a été la première à accorder des cartes d'identité aux immigrés clandestins et que la Yale Law School a lutté de son mieux pour leurs droits. Enfin, l'Equal Employment Opportunity Commission, en charge de faire respecter les droits des employés, et de combattre la discrimination, va mettre son nez dans cette histoire tout de même louche.

Selon l'organisation, les employeurs sont autorisés à édicter l'anglais comme langue unique, si cette décision permet de valoriser le fonctionnement de l'entreprise ou la rendre plus efficace...



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