Police de proximité : le bilan de Patrice Bergougnoux

Clément Solym - 15.02.2012

Edition - Société - Police de proximité - Lionel Jospin - Patrice Bergougnoux


Patrice Bergougnoux, s'est entretenu avec le journaliste de Marianne, Frédéric Ploquin sur ses années en tant que directeur général de la Police nationale entre 1998 et 2002. Dans l'ouvrage L'Intérieur, il fait le bilan de la police de proximité, idée phare du gouvernement Jospin et de la Gauche plurielle et la difficulté de l'imposer aujourd'hui.

  

Patrice Bergougnoux était le Monsieur Sécurité de la gauche lorsqu'il occupait le poste de directeur général de la Police nationale. Il revient sur ces années et notamment le lancement de la police de proximité, la « pol prox » de Lionel Jospin, abandonnée en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.


 

Pour lui, la police de proximité était la réponse à l'insécurité. « La stratégie retenue avait prévu l'extension de la police de proximité à l'ensemble des circonscriptions. (…) Je persiste à penser que cette orientation était bonne et de nature à répondre aux défis de l'insécurité » indique-t-il dans L'Intérieur.

 

Il n'en reste pas moins lucide sur les coûts d'une telle opération au regard de la situation actuelle : « Ce qui est vrai, c'est que le contexte actuel est plus difficile que celui de 1997. Les violences ont fortement augmenté tandis que les moyens budgétaires se sont raréfiés. Le déploiement de la police de proximité ne pourrait donc s'envisager de la même façon, il devrait cibler en priorité les quartiers sensibles ».

 

Et même en 1997, il y a eu des ratés. Patrice Bergougnoux analyse la pression des élus locaux, tout d'abord, qui réclamaient tous leur police de proximité, mettant en péril le système tout entier. De plus, sa mise en place a pris énormément de temps, avant le placement des premiers policiers sur le terrain. « Nous avons certainement manqué de temps », conclut Patrice Bergougnoux.

  

Hollande et la police de proximité

 

Si le projet du PS est encore un peu flou sur la question de la sécurité, François Hollande revendique la police de proximité de Lionel Jospin. « Il n'y a pas besoin de réinventer ce qui a pu marcher (…) La police de proximité, ça marche » avait indiqué François Hollande, lors d'un déplacement à Dijon. Et d'ajouter la création de 1000 postes et la volonté de « mettre plus de policiers sur le terrain ». Une police plus proche des gens, certes, mais aussi de sérieuses contraintes budgétaires pour la mettre en place.