Politique tarifaire de Random House sur les ebooks : scandale ?

Clément Solym - 05.03.2012

Edition - Bibliothèques - politique tarifaire - livres numériques - bibliothèques


La semaine passée, l'affaire éclatait et aspergeait toute l'édition : Random House décidait de revoir l'intégralité de sa politique tarifaire de vente de livres numériques aux bibliothèques. Les prix explosaient littéralement, en échange de contrepartie qui ne faisait pas vraiment grimper aux rideaux. La hausse peut en effet aller jusqu'à 300 %... Ambiance. 

 

C'est que le plus puissant des éditeurs américains faisait malgré tout une fleur : loin des conditions drastiques imposées par HarperCollins, qui limite à 26 prêts de livres avant de devoir racheter un exemplaire, ou encore d'imposer qu'un exemplaire ne puisse servir qu'à un usager, Random House explique en offrir plus. Mais pour un prix qui fait vrombir les bibliothèques, et les responsables d'achats. (voir notre actualitté)

 

 

 

Plusieurs responsables d'établissements ont immédiatement fait part de leurs inquiétudes. « Les temps sont durs pour les bibliothèques. C'est très difficile, ici, à Louisville. Nous voulons offrir ce service, mais ce genre de prix capte une part énorme de notre budget d'acquisition », explique Debbe Oberhausen, directrice des services de collecte à la bibliothèque publique de la ville.

 

Pour être concret, les nouveaux tarifs de Random House sont les suivants : 

  • Hardcovers : entre 65 et 85 $
  • Titres disponibles depuis plusieurs mois en papier : 25 à 50 $
  • Nouveautés jeunesse Hardcovers : 35 à 85 $
  • Titres jeunesse plus anciens et livres de poche : 25 à 45 $

 

Et l'explication de l'éditeur suit : « Nous estimons que notre nouvelle politique tarifaire des ebooks reflète la valeur accordée à la pérennité des prêts et la simultanéité de la disponibilité de nos titres. Naturellement, chaque bibliothèque aura son propre point de vue sur le sujet, et nous sommes prêts à écouter, apprendre et nous adapter, le cas échéant. » (via The Digital Shift)

 

Mais dans cette histoire, il faut comprendre que la simultanéité prend en compte uniquement la disponibilité du livre en version numérique et papier, et pas du tout la possibilité d'emprunter plusieurs ouvrages en version numérique, à partir d'un unique exemplaire acheté.

 

Donc, finalement, c'est un investissement de base plus élevé pour les bibliothèques, mais qui reste inférieur à ce que propose HarperCollins, sur le long terme. En fait, l'éditeur tente surtout de rentabiliser plus rapidement la disponibilité d'un livre en version numérique pour les bibliothèques, et laisse tranquille l'établissement sur la durée. Au contraire de HarperCollins, qui considère que l'ebook, emprunté 26 fois, doit être racheté. 

 

Sauf que pour les établissements, ce genre de politique a un coût qui est plus élevé sur l'instant, et dans une période où les restrictions budgétaires sont lourdes, investir plus est d'une complexité rare. « L'impact que j'envisage, c'est que nous ne serons pas en mesure d'acheter autant de titres que nous le faisions auparavant », estime Trent Garcia, de la bibliothèque de San Francisco. 

 

La question sera donc de savoir ce que les bibliothèques pourront faire financièrement. Et quelle marge de négociation l'éditeur Random House leur accordera.




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