Politique tarifaire du numérique : bienvenue en Schizophrénie

Clément Solym - 26.07.2010

Edition - Economie - lecteurs - ebooks - augmenter


Deux tendances, opposées, ou presque, alimentent les questions autour du marché numérique actuellement, et plus particulièrement depuis l'annonce trompeuse d'Amazon concernant les ventes d'ebooks, qui dans un certain cadre, sont meilleures que celles de livres papier.

La première de ces orientations, c'est la baisse de prix des lecteurs ebook. Amazon est en effet passé pour son Kindle 2 de 259 $ à 189 $, peu après que Barnes & Noble a déclaré qu'il allait vendre des appareils avec connectique 3G à moins de 200 $. Et surtout, un appareil à moins de 150 $. L'angoisse.

Le matériel baisse, tant mieux

Peu après, c'est au tour de Sony de suivre la tendance, avec une réduction globalisée des Readers et des ristournes de 20 à 50 $.

Dans ces conditions, que faire ? Acheter des ebooks, c'est évident. Si la règle dans le commerce de produits high-tech est toujours de faire baisser les prix progressivement pour tout objet (Apple restant l'exception qui confirme la règle...) tous les concurrents américains du secteur se sont alignés sur les futurs tarifs, ou du moins, sont dans une perspective de prix cassés. Le dernier en date étant Kobo, la start-up qui appartient en partie à la chaîne de librairie Borders, qui est sortie directement au tarif de 150 $.

Bref, tout ce petit monde suit la loi du marché, et les prix chutent, chutent, chutent, autant que les Shadocks pompent, pompent, pompent. Et finalement, le seul à ne pas encore suivre cette tendance, c'est Apple, avec son iPad qui rencontre un gigantesque succès, et qui pour le coup, n'est pas près de faire descendre ses tarifs.

Alors bon... Le lecteur ebook à 99 $, arrivera-t-il un jour ? Finalement, plusieurs analystes estiment qu'avec un téléphone mobile acheté 1 $ en contrepartie d'un abonnement, on l'a déjà en main. Sauf que les smartphones, sur le long terme, ne proposeront probablement pas la même ergonomie que les lecteurs ebook.

Et le prix des livres ?

L'autre tendance, c'est la stabilisation des prix des ebooks eux-mêmes : alors que l'arrivée du contrat d'agence mis en place par Apple devait faire remonter les prix pour les livres, il n'en est finalement rien, bien au contraire, chez Amazon. De là encore, l'explication rationnelle aux ventes qui montent. Le contrat d'agence n'est donc toujours pas la norme et les prix qui se maintiennent à 9,99 $ au lieu des 12,99 $ ou plus restent toujours aussi attrayants pour le consommateur.

Sauf que la baisse des lecteurs dédiés marque une étape financièrement plus intéressante que jamais. Gadgetell pose la question simplement : si d'un côté le prix des machines baisse, pourquoi investir dans l'une d'elles, alors que sur le long terme, le prix des livres sera plus élevé ? En somme, c'est loin d'être idiot : si l'on monte de 3 $ un livre numérique, il suffira d'une quinzaine achetée pour que l'investissement soit le même qu'avant les baisses de prix des lecteurs.

Or, les possesseurs de lecteur ebook avouent facilement que, depuis qu'ils ont leur machine, ils lisent plus - et même si l'offre en terme de livres libres de droit est plus facilement accessible - doivent acheter plus dans l'ensemble.

Est-ce à dire que même outre-Atlantique, les éditeurs font leur possible pour comprimer le marché ?