Pornographie en bibliothèque : dernière séance pour New York

Clément Solym - 18.05.2011

Edition - Bibliothèques - pornographie - enfants - bibliothèque


La mairie de New York interdit aux visiteurs des bibliothèques de regarder des films pour adultes « à moins de cent pas d'un enfant. »

Le scandale est arrivé en avril à New York, par l'autorisation de regarder des films pornographiques dans certaines bibliothèques : « Les consommateurs peuvent regarder ce qu'ils veulent sur les ordinateurs », avait décrété Malika Granville, au nom de la bibliothèque de Brooklyn. (notre actualitté)

« Par respect pour le premier amendement protégeant la liberté d'expression, la bibliothèque de New York ne peut pas empêcher les clients adultes d'accéder aux contenus licites pour eux », avait renchéri Angela Montefinise.

Un argument douteux


Si le premier amendement recommande la liberté de culte, de parole, de presse, de rassemblement et de pétition, la pornographie sort de ce cadre, puisqu'il s'agit d'une représentation par l'image. En outre, la première diffusion cinématographique a eu lieu en 1895, bien après le 15 décembre 1791.

De la nécessité de protéger les enfants


Or, les enfants circulant dans une telle bibliothèque pourraient être exposés par inadvertance à des contenus licencieux, ce qui serait susceptible d'entraîner pour les plus sensibles « une réorganisation de la personnalité », ou encore « un effet littéralement traumatique » se traduisant par « un désinvestissement scolaire, le refuge dans l’imaginaire et l’impossibilité de passer à l’abstraction » !

Que dit la loi ?

La loi conseille déjà d'utiliser des logiciels de filtrage, mais les usagers parviendraient facilement à les contourner. Les conseillers municipaux David Greenfield et Eric Ulrich ont alors élaboré une loi interdisant le visionnage des films pour adultes dans la bibliothèque « à moins de cent pieds d'un enfant. »

Les contrevenants seraient passibles de sanctions graduées par un juge, depuis l'amende de mille à dix mille euros, à la peine de prison de cent-quatre-vingt-semaines. (via NYP)