Portugal : des chauves-souris sauvent le patrimoine littéraire

- 22.08.2012

Edition - Société - bibliothèque - chauve-souris - coimbra


Les deux plus anciennes bibliothèques portugaises, celle de l'université de Coimbra et celle du palais de Mafra, connaissent des habitants bien surprenants. Des centaines de chauves-souris veillent sur les livres anciens qui parsèment les lourdes étagères. Un moyen efficace et économique de lutter contre les insectes dévastateurs.


Chauve-souris (Chine, musée du Quai Branly)

Chauve-souris (Chine, musée du Quai Branly)

 

 

Les deux bibliothèques portugaises sont devenues des lieux sûrs grâce à leurs hôtes qui vivent là depuis des générations.

« Les chauves-souris sont très prudentes quand il s'agit de leurs refuges. Elles ont tendance à utiliser les mêmes abris pendant plusieurs générations et préfèrent les bâtiments anciens », déclare le professeur Jorge Palmeirim de la faculté des sciences de l'université de Lisbonne.

Lors d'une expédition nocturne en 2008, le professeur a voulu en savoir plus sur celles qui logent les lieux depuis plus de 200 ans : « Je ne pouvais pas les voir, juste les écouter, mais selon les excréments que j'ai trouvés, je peux dire qu'il y a au moins deux espèces différentes de chauves-souris ».

Ce qui fait la joie des bibliophiles et conservateurs, c'est la capacité de ces animaux à attraper les insectes : une chauve-souris peut en manger jusqu'à 500 par jour. Jusqu'ici, personne n'a contesté la présence de ces gardes qui chassent la nuit.

Pas de peur à avoir du côté les lecteurs et des chercheurs, ces bêtes sont bien cachées et dorment la journée. Leurs entrées et sorties sont facilitées par les fissures et les trous dans les bibliothèques anciennes communes. De plus, à l'époque on avait déjà tout prévu. Des documents de deux siècles, à Coimbra, témoignent de l'achat de peaux d'animaux, encore utilisées aujourd'hui, pour protéger les tables anciennes de la bibliothèque des fientes de chauve-souris.