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Positionner la BnF au centre de la politique d'éducation culturelle

Antoine Oury - 22.05.2014

Edition - Bibliothèques - BnF - Bruno Racine - contrat de performance


Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France, et Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, ont signé ce matin le contrat de performance de l'établissement public,  pour la période 2014-2016. Intitulé « Confiance, partage innovation », il trace les grandes lignes de la politique mise en place au sein du Paquebot.

 

 

Signature du contrat de performance 2014-2016 de la Bibliothèque nationale de France

Aurélie Filippetti et Bruno Racine signent le contrat de performance 2014-2016

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Toute l'équipe dirigeante de la BnF a marqué le coup en effectuant le déplacement vers les salons de la rue de Valois, où s'est effectuée la signature. Le document stratégique a été supervisé par différents services d'inspection, dont celui des bibliothèques, avant d'être validé par le conseil d'administration le 28 mars dernier.

 

Le document incarne la « nécessité pour le ministère et les établissements publics de partager et de formaliser les orientations stratégiques de moyen terme », explique la ministre de la Culture, et ce, pour les trois années à venir. 

 

Dans un contexte budgétaire difficile, « la priorisation des acquisitions, ainsi que la gestion dynamique des espaces et collections » auront une place centrale. D'autant plus qu'il faudra assurer en parallèle « les travaux de rénovation et de maintenance du site de Tolbiac, après les événements récents », évoque la ministre, avec en tête les inondations ou les soucis des systèmes d'aération de l'établissement.

 

Ouvertures numérique et publique

 

Le discours de la ministre, comme celui du président de la BnF, ont chacun mis l'accent sur deux axes de la politique de l'établissement pour 2014-2016, la poursuite des activités numériques et l'accueil plus large de publics divers. 

 

Pour le numérique, Gallica est évidemment au centre de l'attention, avec une attention portée aux « documents originellement numériques », qui devront être traités et rendus accessibles dans les moteurs de recherche. Cela suppose de solides métadonnées, un territoire encore « largement inexploré » d'après la ministre. Le président de la BnF se félicitera à ce titre de la mise sous licence libre des données de la BnF, notamment des descriptions associées aux documents mis en ligne, dans « un univers numérique où la fiabilité est essentielle ».

 

Une éditorialisation des différents contenus de Gallica est également dans les cartons, pour s'approcher, probablement de ce que la British Library peut faire de son côté, pour « s'adresser à tous les publics ». La BnF entend également renforcer les collaborations avec d'autres établissements, comme la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg avec Numistral, la première plateforme « Gallica marque blanche ».

 

Au niveau européen, l'objectif serait qu'« Europeana soit financé à moyen terme par l'Union européenne », explique Bruno Racine. « C'est une belle et grande idée, qui a encore besoin d'un socle financier stabilisé et d'une impulsion politique, où la France et l'Allemagne réunies ont un rôle à jouer. » Le Royaume-Uni, un peu moins : il se raconte que le récent conseil des ministres européens a permis à Ed Vaizey, ministre de la culture britannique, de découvrir Europeana, dont il ignorait l'existence...

 

 

Signature du contrat de performance 2014-2016 de la Bibliothèque nationale de France

 Bruno Racine et Aurélie Filippetti

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

« Ce que nous collectons, c'est pour le conserver, mais surtout le partager », embraye Bruno Racine, en écho à la récente campagne de communication de l'établissement.  Le défi stratégique se centrera sur l'élargissement des usagers de la BnF, « du chercheur le plus pointu aux publics les plus éloignés de la culture, ce dont l'ancienne BN ne se préoccupait absolument pas », souligne Racine.

 

Par ailleurs, un document interne formalisera les modalités d'accueil du public, souligne Aurélie Filippetti, qui « servira de boussole aux personnels pour l'accueil de différents publics, chercheurs, visiteurs des expositions, groupes scolaires ou internautes ». À ce titre, Bruno Racine attire l'attention sur le partenariat avec le secteur du bâtiment via le CCCA-BTP (le réseau de l'apprentissage BTP), et la création du portail Passerelles, pour faciliter l'accès aux contenus culturels pour ces publics « plutôt marginalisés par le système scolaire », termine Bruno Racine.

 

Dans cette optique, la Bibliothèque nationale de France a lancé un audit en responsabilité sociale, « une première pour un établissement culturel », assure le président de la BnF. Pour rappel, la responsabilité sociale couvre les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans les activités des entreprises, habituellement. (voir Wikipédia)

 

 

Signature du contrat de performance 2014-2016 de la Bibliothèque nationale de France

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)