Pottermore : la magie d'Harry Potter perdure, mais les revenus...

Clément Solym - 23.11.2016

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Initiative totalement inédite dans l’industrie du livre, Pottermore a beaucoup de mal à poursuivre sa voie. Depuis son lancement en 2012, la plateforme a enregistré un chiffre d’affaires de 15,1 millions £ (fin d’exercice en mars 2016), soit deux fois les revenus de l’année passée. Si les pertes diminuent, la voie de la rentabilité est encore lointaine. 

 

 

 

4,9 millions £ de pertes, contre 6 millions £ en 2014, tout cela est encore fragile. Évidemment, la société montée autour des œuvres de JK Rowling pour leur commercialisation en version numérique a poursuivi ses investissements. Mais elle s’est montrée moins gourmande que par le passé, assure Susan Jurevics, l’actuelle CEO.

 

« Le nouveau plan stratégie n’entraînera pas simplement une augmentation des revenus, mais nous mettra également sur la voie de la rentabilité », assure-t-elle. Une stratégie qui s’articule autour d’un nouveau positionnement vis-à-vis des lecteurs et fans, et une nouvelle offre commerciale. De nouveaux produits dérivés sortiront également, dans la série des courts récits déjà vendus depuis septembre. 

 

Sauf que, dans ce cas de figure, Rowling s’est doucement fait houspiller : elle proposait en effet des livres inédits, constitués de contenus déjà connu des fans. Et finalement, ces trois petits livres autour de l’univers de Poudlard n’étaient pas la réussite tant attendue...

 

Nouvelle offre, nouvelles approches

 

Au cours du mois de novembre, Pottermore a également enrichi son offre en livres audio, et mis à disposition le scénario des Animaux fantastiques, signé par Rowling. Depuis le mois de juillet, c’est le script de la pièce de théâtre, Harry Potter et l’enfant maudit, qui a été mis en vente – succès immédiat. Cela devrait s’en ressentir dans les résultats de 2017. 

 

Sauf que tout cela ne suffit pas à assurer une viabilité forte à la plateforme. Ce qui explique d’ailleurs la douloureuse situation, c’est le changement contraint de stratégie commerciale : jusqu’à lors, les plateformes de vente en ligne étaient contraintes de renvoyer vers Pottermore pour la commercialisation de fichier. Depuis l’an passé, cette situation a totalement été modifiée, et les weblibrairies disposent désormais des fichiers. 

 

Préparer l’avenir de Pottermore : le modèle économique est-il viable ? 

 

L’intérêt pour l’univers de Potter ne décroît cependant pas, assurent les animateurs du site. Et une grande partie des contenus reste gratuitement – ou sous inscription gratuite – accessible aux internautes. La romancière avait d’ailleurs dévoilé des dessins originaux, de sa main, qui avaient immédiatement fait le tour des réseaux.

 

« C’est un phénoménal élément dans l’édition, avec une feuille de route encore très longue », assure Susan Jurevics à l’agence Reuters.