Pottermore, un mauvais sort jeté aux éditeurs

Clément Solym - 30.03.2012

Edition - International - Pottermore - J.K. Rowling - ebooks Harry Potter


Le mise en ligne des versions ebooks d'Harry Potter a fait du bruit : d'abord, il y a cette centralisation des ventes, qui a même fait plier Amazon, puis l'utilisation d'un sous-DRM, le watermark, pour protéger les versions numériques du piratage. (voir notre actualitté) Mais à trop s'intéresser aux conditions de la vente aux lecteurs, on en oublierait presque qui est à l'origine de celle-ci : J.K. Rowling, sans intermédiaire ou presque.

 

J.K. Rowling crache-t-elle dans la soupe ? Alors qu'elle fut découverte et tirée de l'anonymat par un éditeur « traditionnel », Bloomsbury Publishing, l'auteure d'Harry Potter vient de se délester de tous les intermédiaires assimilables de près ou de loin à des éditeurs pour le lancement des versions numériques de sa saga. Intolérable : si le premier tome d'Harry Potter avait été écrit en 2011, il serait probablement en tête des ventes des autoédités Kindle...

 

« exclusive » : pas besoin de traduction, si ?

 

En effet, le site Pottermore appartient à J.K. Rowling, bien qu'elle ne se soit pas vraiment investie à fond pour sa promotion et sa défense. (voir notre actualitté) Le PDG de Smashwords, Mark Coker, a estimé que Rowling touche entre 70 et 90 % sur les ventes des ebooks et audiobooks du sorcier, contre les 17,5 % qu'un éditeur lui aurait accordé, au maximum, dans le même cas de figure. « Les éditeurs traditionnels ne peuvent pas rivaliser, c'est clair. Les auteurs ont maintenant le contrôle, et leur force grandit de jour en jour » a-t-il commenté.

 

Même si Sony a apporté sa contribution à la plateforme, la majeure partie des revenus générés par la commercialisation des livres numériques reviendra à Rowling, et pourra peut-être lui permettre de retrouver sa place, perdue début mars, dans le classement des milliardaires de ce monde. C'est d'ailleurs cet élément, d'après Coker, qui lui a donné le pouvoir de dicter ses conditions aux mondes de l'édition et de l'e-commerce.

 

« Combien de centaines de milliers, ou même de millions de dollars J.K. Rowling a-t-elle mis sur la table pour ce projet ? Je n'en sais rien, mais il s'agit probablement d'un chiffre assez élevé pour ôter l'envie à n'importe quel auteur de la liste des best-sellers du New York Times de faire de même » conclut le PDG de Smmashwords. 

 

Les éditeurs auront donc toujours leur best-seller ponctuel : en ce moment, il répond au nom de 50 Shades of Grey... (voir notre actualitté)