Pottermore : une magie vraiment longue à se déclencher...

Clément Solym - 05.03.2012

Edition - International - J.K. Rowling - Pottermore - fans


Après avoir annoncé la parution prochaine d'un « livre pour adultes » (voir notre actualitté), J.K. Rowling donne l'impression de ne plus vraiment soigner ses fans de la première heure, les lecteurs d'Harry Potter qui ont fait d'elle la femme la plus riche du royaume d'Albion. Certains élèvent la voix contre leur (ex?) auteure favorite, lui reprochant son silence à propos du site Pottermore, en développement depuis de trop longs mois.

 

Les tweets envoyés à J.K.Rowling ou à Pottermore sont éloquents : « Je ne veux pas être grossier, mais quand allez-vous ouvrir Pottermore au public ? Vous aviez promis en septembre et nous sommes en Mars », « Bon, il arrive quand le chapitre 2 sur Pottermore ? », « le truc déjà démodé avant même qu'il soit ouvert ! ». Sur la page Facebook, c'est le même ton, entre une impatience des débuts et un désespoir grandissant. 

 

Les dernières nouvelles du site ne présageaient déjà rien de bon : « Nous avons décidé d'étendre encore un peu plus la période de test afin d'améliorer Pottermore avant d'en permettre l'accès à plus de monde. Cela signifie que le site ne s'ouvrira pas à de nouveaux membres dans un futur immédiat » déclaraient les développeurs à une journaliste du Guardian le mois dernier (voir notre actualitté).

 

 

On commence aussi à être en manque d'illustrations...

 

 

Et apparemment, il y a vraiment un bug dans la matrice. Un porte-parole de J.K. Rowling a expliqué que l'auteure n'était « pas prête à révéler » la raison pour laquelle le lancement était si chaotique. Effectivement, l'auteure reste plutôt mutique, comme en témoigne sa page Twitter à peine remplie (9 tweets seulement !). Ce que lui reprochent de plus en plus des fans pourtant prompts à la défendre : « Le retard de Pottermore est dû à Sony, mais je voudrais que JK Rowling s'adresse au moins à ses fans » avance ainsi un des testeurs de la version bêta. 

 

Évidemment, les négociations quant à la vente des droits numériques de la saga Harry Potter ont pu retarder, et retardent sûrement encore le lancement de Pottermore, qui devait normalement accueillir les versions numériques des 7 tomes du sorcier. Mais ce n'est pas tout : les développeurs ont peut-être vu trop grand, et se retrouvent avec un hybride mi-site, mi-jeu vidéo alléchant sur le papier, mais intenable technologiquement. 

 

Pour Tristan Donovan, auteur de Replay : a history of video games, les jeux en ligne « sont très délicats à mettre au point et de nombreux problèmes imprévisibles ne se révèlent qu'au moment de la phase de test », ce qui expliquerait les mises au point interminables. Du coup, même les heureux chanceux qui avaient pu devenir testeurs en avant-première tournent en rond sur la plateforme : « Cela fait maintenant 7 mois que Pottermore est ouvert aux utilisateurs bêta. Nous avons lu tout ce qui était disponible, essayé tout ce qui était possible » déplore Teresa Gibson, une testeuse. 

 

« C'est de la très, très mauvaise publicité pour JKR » résume laconiquement un fan. Lui et ses pairs n'ont plus qu'à espérer que la chouette transportant les quelques déclarations de Rowling évite l'ouverture de la chasse, on ne sait jamais...

 

La chasse aux annonces

 

Or, entre temps, l'auteure a annoncé qu'elle allait publier un nouveau livre, cette fois coupant avec la tradition magique, en proposant un livre pour adultes. Une décision qui met le feu à l'édition, mais surtout, laisse à croire que Les librairies vont de nouveau connaître une période de faste et que son éditeur pourra commencer à ses frotter les mains.

 

De même, pour calmer les ardeurs du public, un accord a été dévoilé, qui va permettre au prestataire OverDrive de proposer les ebooks de Harry Potter, en prêt, directement depuis les quelque 18.000 bibliothèques partenaires. Steve Potash, PDG de OverDrive, confirmait l'information la semaine passée : « Nous sommes impatients de soutenir les bibliothèques publiques et scolaires, et OverDrive, au titre de principal fournisseur de ce marché, prodigue un service mondial qui nous aide à atteindre ce résultat, et ainsi, encourage à la découverte de ces livres à travers le monde. » (voir notre actualitté)

 

Cela dit, ces annonces, c'est bien joli, mais le public aimerait vraiment toucher un peu plus le concret de ces promesses. Ou alors est-ce la période électorale qui veut ça ? 

 

Harry Potter à retrouver