Poupée vaudou Sarkozy : une atteinte à la dignité qui reste en vente

Clément Solym - 28.11.2008

Edition - Justice - poupée - vaudou - Sarkozy


Depuis le plusieurs semaines, une sinistre affaire de poupée vaudou se traîne dans les couloirs des tribunaux : le président Nicolas Sarkozy a vu d'un mauvais oeil l'apparition d'un ouvrage accompagné d'une poupée et d'aiguilles, aujourd'hui vendu à 20.000 exemplaires.

L'avocat du président avait tenté de faire valoir que le citoyen Sarkozy n'était pas au-dessus des lois, mais il « n'a pas à être en dessous ». Dès lors, son droit à l'image été simplement pillé, violé, et malgré l'intervention de Mme Royal, qui avait pris l'affaire à la rigolade, et n'avait pas manqué d'épingler la réaction du président, la procédure judiciaire se poursuivait.

Débouté en première instance par le Tribunal de grande instance pour qui « cette représentation non autorisée de l'image de Nicolas Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle », aujourd'hui s'est rendu le dernier verdict de l'affaire.

Le président marabouté en appel

Ainsi, l'appel du 28 novembre de Nicolas Sarkozy est entendu, mais la poupée restera en vente, malgré tout. La cour d'appel a considéré que cette effigie portait bien « atteinte à la dignité ». Pour autant, « la mesure d’interdiction sollicitée n’est pas proportionnée et adéquate en ce qu’elle est une mesure spécialement attentatoire à la liberté d’expression ». Cela ne manquera pas de rappeler les propos de Ségolène : « C'est la protection d'une liberté de caricaturer les puissants de ce monde. »

Et c'est ainsi la condition sous laquelle la commercialisation pourra se poursuivre, car l'éditeur devra en faire mention avec un bandeau qui indiquera que faire usage des aiguilles « porte atteinte à la dignité du président de la République ».