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Pour Édouard Louis, la politique de Macron est “ultra-violente” et “anti-classe populaire”

Laure Besnier - 09.05.2018

Edition - Société - Édouard Louis - Qui a tué mon père - Eddy Bellegueule


Depuis la sortie de son dernier livre, Qui a tué mon père, aux éditions du Seuil, Édouard Louis fait l’unanimité dans la presse. Invité par Europe 1, l’auteur développe les thèmes de son ouvrage – son enfance avec son père, ce qu’il sait de la vie de ce dernier, ainsi que ce que la politique a fait à son corps –, les appliquant à la politique d’Emmanuel Macron, qui, selon lui, « déteste les pauvres ».

 
 


Au micro d’Europe 1, Édouard Louis évoque « une idée très belle de Pierre Bourdieu qui dit “quand on appartient aux classes populaires on a tout qui nous est enlevé”. On a l’accès à la culture qui est enlevé, l’argent qui est enlevé, encore plus aujourd’hui avec la politique ultra-violente, anti-classe populaire de Macron. » 

À l’origine de cette accusation, son dernier livre, Qui a tué mon père, dans lequel il développe des thèmes abordés dans En finir avec Eddy Bellegueule, publié en 2014, également aux éditions du Seuil. Cette fois-ci, il se concentre sur sa relation avec son père, son rapport à la masculinité et à la virilité, la pauvreté, sa condition sociale et surtout l’histoire du corps de son parent, qui « accuse l’histoire politique ». 

Selon lui, appartenir aux classes populaires signifie exposer son corps à la violence politique, une idée peu comprise par la classe bourgeoise, qui ressentirait différemment les décisions du gouvernement. « On n’imagine pas à quel point la politique a un effet sur le corps », insiste-t-il. 

Il tient pour exemple la politique menée par Emmanuel Macron, l’accusant d’être « quelqu’un qui déteste les pauvres, qui est une sorte de militant contre les pauvres ». Face au journaliste d’Europe 1 qui s’inquiète des propos polémiques de l’écrivain, Édouard Louis répond :  « pour moi ce n’est pas de la polémique, c’est tout simplement la vérité, c’est tout simplement de cette manière-là que les choses se passent », avant de s’interroger :  « Qu’est-ce qui est violent : c’est de détruire le corps d’une personne ou d’accuser une personne de détruire un corps ? »
 

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Puis, faisant écho aux réflexions proposées en fin de son ouvrage, il conclut : « il n’y a pas d’écart entre la politique et l’intime pour moi, c’est ça qui est au cœur du livre Qui a tué mon père, c’est qu’une réforme de Macron, une réforme de Sarkozy, c’est quelque chose d’aussi intime, d’aussi corporel que n’importe quel souvenir d’enfance. »




Édouard Louis – Qui a tué mon père – Seuil – 9782021399431 – 12.00 €  


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