Indigo Books & Music : vers plus de librairies physiques ?

Julie Torterolo - 02.07.2015

Edition - International - Indigo - Canada - Libraries


La chaîne canadienne de librairies Indigo Books & Music fondée par Heather Reisman se porte bien. Ses ventes en magasin ont augmenté de 6,5 % et la clientèle en magasin a augmenté de 2 %, tout comme les ventes en ligne, de 11,7 %. Une réelle ténacité face aux difficultés que rencontrent de nombreuses grandes chaînes de librairies. Pour la directrice des librairies Indigo, cela prouve que les « brick and mortar » reviennent à la mode. 

 

Dans un magasin Indigo (Matt Grommes, CC BY-SA 2.0)

 

La situation des libraires outre-Atlantique demeure compliquée. Comme le rapporte le Financial Post, Barnes & Noble, le plus gros libraire des États-Unis, continue d’afficher une baisse des ventes. La chaîne américaine Borders a, quant à elle, fermé en 2011. 133 magasins Target ou encore 66 magasins Future Shops (électronique) ont fermé, tandis que d’autre ont réduits significativement leur surface. 

 

Une situation qui ne touche que très peu Indigo Books & Music, qui continue sur sa lancée. Depuis 1996, année de création d’Indigo, la chaîne canadienne a su développer le concept de magasins remplis de produits hétérogènes, dont le dénominateur commun est la culture. Pour Brice Winder, un consultant en magasin de détail, Indigo essaye de fournir en environnement qui donne envie aux clients au de revenir au-delà de leur besoin d’achat. Pour lui, Indigo est précurseure en la matière. 

 

« Les gens peuvent prendre un livre en ligne s’ils le souhaitent, mais ils veulent surtout aller quelque part pour une expérience et avoir un sentiment de communauté avec les gens », précise-t-il au Financial Post. Aller dans un magasin suscite également un sentiment d’achat compulsif, différent et peut être moindre que pour les achats en ligne selon lui. 

 

Pour ce qui est du prix, Heather Reisman affirme selon le quotidien canadien : « C’est très simple. Cette entreprise disparaitrait si nous devions vendre des livres aux mêmes prix que ceux en ligne. » La présidente explique que cette disparité de prix pour les livres que l’on trouve en magasin et sur internet « reflète une réalité de l’industrie qui est complètement bouleversée par Amazon » depuis 1995, rapporte-t-elle. 

 

De même, les magasins ne peuvent pas contenir la même gamme de choix que sur internet. Pour la compagnie, les clients peuvent parfaitement comprendre cela. Ils se déplacent dans les boutiques également pour la beauté du lieu. Une stratégie qui fonctionne. Les chiffres de Indigo Books & Music ne cessent d’augmenter. Au premier trimestre de 2015, les revenus de l’entreprise ont grimpé de près de 2 millions de dollars, toujours selon le Financial Post.