Pour Jonathan Franzen, il faut s’y faire, l’apocalypse climatique est inévitable

Cécile Mazin - 11.09.2019

Edition - Société - franzen - changement climatique - conflit


Le célèbre écrivain américain, auteur des Corrections et de Freedom, guère connu il faut bien le dire pour son optimisme débordant, a pris la plume dans le New Yorker pour livrer sa vision de l’avenir de la planète. Spoiler : celle-ci est on ne peut plus sombre. Le titre de son papier donne d’emblée le ton : « What if we stopped pretending? », et si nous arrêtions de faire semblant ? Comprendre : faire semblant que nous pouvons inverser le réchauffement climatique. Autrement dit, l’humanité court à sa perte et vous feriez bien de l’accepter une bonne fois pour toutes. 

Image parJonny Lindner de Pixabay


Sa position est la suivante : « Considérez moi comme un pessimiste ou un humaniste, mais je ne vois pas la nature humaine changer de manière fondamentale dans un futur proche. Je peux bien passer au crible de mon modèle dix mille scénarios, il n’y en a pas un seul où l’objectif des deux degrés est atteint ». Car, non content de s’appuyer sur des données scientifiques, Jonathan Franzen explique utiliser son cerveau de romancier pour envisager les différents scénarios possibles. 

D’ailleurs, sa tendance à mettre en avant ses propres « prévisions », élaborées à la seule force de son cerveau de romancier, a fait sourire, comme le remarque cet article du Guardian. Plusieurs scientifiques ont même déclaré que Franzen ne comprenait pas grand chose à la science du climat. 
 

Toutefois, au-delà de son profond pessimisme nous enjoignant à faire le deuil de tout espoir, la seconde partie de l’article est loin d’être inintéressante. Que faire quand on a admis que la partie était perdue d’avance face au changement climatique ? Franzen ne croit pas qu’il ne faille rien faire, au contraire. Il recommande de placer son espoir dans des objectifs plus facilement atteignables sur le court terme, en s’impliquant dans des actions dans son environnement immédiat. Par exemple, s’engager pour la protection d’une espèce en particulier ou aider des personnes sans abri. 

C’est selon lui un enjeu à la fois pratique et éthique. « Si l’action collective permettait d’avoir un ouragan dévastateur en moins, quelques années de stabilité en plus, ce serait un objectif digne d’être poursuivi. » Un petit mieux vaut mieux qu’aucun mieux du tout. Du reste, il va plus loin en expliquant que quand bien même notre action contre le réchauffement climatique n’aurait absolument aucun effet, cela vaudrait néanmoins la peine d’agir. « Même si les actions d’un seul individu n’ont aucun effet sur le climat, cela ne signifie pas qu’elles sont dépourvues de sens. Nous avons tous un choix éthique à faire. »
 
Enfin, s’il y a un véritable enjeu, il est de nature politique. Selon Franzen, le changement climatique risque de mettre à mal l’état de droit et la démocratie tandis que les conflits se multiplieront. Rien ne sert d’ajouter le chaos politique au chaos climatique, plus que jamais selon l’auteur, il faut s’engager en faveur de mesures progressistes. 

via The New Yorker


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