Pour l'édition française, diversité et solidarité au menu de 2012

Clément Solym - 13.01.2012

Edition - Société - Antoine Gallimard - voeux - edition française


La présentation des voeux au SNE hier soir marquait le commencement de l'année pour le syndicat des éditeurs. Enfin, l'occasion surtout pour Antoine Gallimard de dévoiler le programme de l'année à venir, aux côtés des responsables d'Electre et du BIEF. 

 

Pour la base Electre, tout d'abord, Denis Mollat, responsable du Cercle de la Librairie, annonce qu'il est désormais possible d'envisager « des développements fonctionnels et commerciaux » et de contribuer au projet relatif à la gestion des oeuvres indisponibles. Des prototypes sont actuellement en cours d'élaboration et seront présentés à l'occasion du Salon du livre de Paris. 

 

Pour ce qui est du livre numérique, 23.000 notices seront intégrées dans la base Electre.com, dès le début du mois de février. 

 

L'organe du parti, Livres Hebdo, aura lui aussi sa petite mutation, avec une version pour iPad et « des modifications substantielles du site internet » durant l'année 2012. Bon, soyons sérieux, ça, c'est fait. Mais venons-en au fait. D'abord, c'est la présence du responsable de l'ambassade au Japon, présent hier pour l'annonce des 22 auteurs japonais qui seront invités au Salon du livre, Fumio Shimizu.  

 

Un de ces moments charnières

 

« L'édition, ce n'est pas une lapalissade, vit des moments d'une importance cruciale », commence le président du SNE, ajoutant que « rarement » le livre aura été autant discuté entre professionnels, mais également avec les pouvoirs publics. Une attitude qui témoigne de « l'attachement des Français à cet irremplaçable de plaisir et d'instruction ». 

 

C'est également sous le signe de divers personnages de l'édition qu'Antoine Gallimard placera son discours, attaquant fort, avec Adrienne Monnier, libraire et éditrice de Joyce, notamment : « Avant que les livres ne disparaissent, l'homme aura disparu. » 

 

 

Mais l'époque, pour l'édition, est à l'un de « ces moments charnières, où tout semble s'accélérer ». Si 2011 a vu « de nombreuses avancées », 2012 s'annonce riche en événements. Chouette ! Et de placer cette année sous deux maîtres mots : diversité et solidarité, tout un programme. 

 

« Nous croyons que le livre est fondateur pour notre civilisation ». Et de citer le philosophe Jean-Michel Nancy, qui voit le livre comme un météore qui se divise en milliers de météorites. L'image est plaisante et tirée de Le commerce des pensées, paru en 2005 chez Galillée.

 

Pour assurer la continuité du secteur, c'est la richesse éditoriale qui doit être préservée - et la diversité des acteurs, garante de la production de livres de qualité. « Toute position dominante est mortifère, à terme, pour la création. La diversité suppose une régulation, car aucun jeu ne peut se jouer sans règles. » 


Livre numérique, législation, etc.

 

Et de revenir sur l'adoption en mai 2011 de la loi sur le prix unique du livre numérique, pour rejouer un petit coup de violon, avec cet éternel parallèle. L'idée est de souligner combien la loi Lang a pu profiter aux libraires durant ces trente dernières années. Et surtout, par translation, de faire croire que le même type de législation aura la même incidence sur ces derniers. Assez gros, comme message, mais les 3500 librairies intéressées ne sont pas dupes. Ou du moins, on leur souhaite... « L'extension de la maîtrise du prix du livre numérique par l'éditeur est essentielle. Nous continuons à nous battre pour l'essaimer ailleurs. » Il y aura à ce titre un référendum en Suisse, mais Israël compte également parmi les pays où le prosélytisme est de mise - avec la Norvège, oubliée par le président. Mais après tout, les pays nordiques, c'était au programme du Salon de l'an dernier.

 

On s'amusera plus de ce que les débats sur la loi Prisunic a fait faire connaissance « avec le doux monstre de Bruxelles », référence à l'enquête diligentée à l'encontre de plusieurs éditeurs et du SNE - et « mû par un acteur monopolistique». Comprendre : Amazon. 

 

La TVA était aussi de mise, avec un taux réduit, permettant la mise en place d'une offre attractive, « pour éviter que le piratage ne nous ravisse notre marché ». No comment, il y aurait pour le coup bien trop à dire. Mais voilà, l'effort de solidarité nationale du passage d'une TVA de 5,5 % à 7 % doit être bu, comme le calice, sans pour autant impacter les acteurs, et plus particulièrement les libraires. 

 

*attention, gag*

 

« Le vote prochain, nous l'espérons, de la loi instaurant une gestion collective des oeuvres indisponibles marquera l'aboutissement de deux années de travail acharné avec la BnF. Bonjour M. Hollande. »

 

Non. Pas Hollande. Racine. Bruno Racine. Ah, quand c'est pas écrit noir sur blanc, difficile d'improviser... 

 

*attention, fin de gag*

 

Solidarité toujours, dans le domaine du droit d'auteur, puisque le SNE lancera avec la Sofia un baromètre des usages et pratiques de lecture, pour les livres numériques. Un dispositif anti-piratage est également prévu, avec notifications envoyées pour le retrait d'oeuvres contrefaites.

 

Enfin, le Salon du livre, « événement populaire et professionnel », pour lequel de nouveaux efforts ont été réalisés, afin qu'il puisse s'ouvrir à tous, d'un côté comme de l'autre des espaces d'exposition. 

 

Mais l'annonce majeure, ce sera à la rentrée de septembre 2012 qu'elle se mettra en place, avec un projet destiné à relancer le goût de la lecture, pour les élèves de CM2. Avec différents partenaires médiatiques, il s'agira d'initier et de multiplier les mises en relation des élèves avec les livres. Un beau projet, assurément. 

 

Sur l'échec de 1001libraires.com, le président estime qu'il ne faut pas « renoncer à porter un projet collectif et ambitieux, mais sous une autre forme ».