Les éditeurs américains pleurent le départ de Jon Stewart

Antoine Oury - 06.08.2015

Edition - International - Jon Stewart - édition - télévision


C'est l'année de la retraite pour les présentateurs TV américains : après David Letterman, c'est au tour de Jon Stewart de tirer sa révérence, après 16 années de Daily Show. Et, visiblement, l'édition américaine est particulièrement affectée : réputé pour s'attaquer à des sujets difficiles, dans le domaine de la non-fiction, l'animateur vendait « des palettes de livres ».

 

L'animateur Jon Stewart

 

 

Entre eux, les éditeurs américains parlent du « Stewart Effect » : à partir du moment où un auteur, peu importe sa popularité, est invité face à Jon Stewart, les ventes de son livre partent en flèche. « En tant que chargée de la promotion, avoir quelqu’un invité au Daily Show était un très, très gros coup. L’émission ressemblait un peu à une version intello de celle d’Oprah [Winfrey, autre célèbre présentatrice américaine, NdR]. Mais il vendait des palettes de livres », souligne Kathleen Schmidt, vice-présidente du marketing chez Running Press.

 

Sympa pour Oprah, mais l’effet Stewart semble être un phénomène avéré, outre-Atlantique : Daniel Okrent, auteur d’un livre sur la Prohibition, a vu son livre passer des bas-fonds d’Amazon au top 20 des meilleures ventes d’Amazon, dès le lendemain de son passage chez Stewart.

 

Chaque semaine, The Daily Show accueillait en moyenne deux auteurs, généralement de non-fiction. Avec des sujets parfois pas piqués des hannetons, comme les baleines tueuses, une réforme macroéconomique, la nourriture saine, Jésus ou les infrastructures pour le transport de marchandises aux États-Unis... Et des auteurs superstars comme d’illustres inconnus.

 

Tout n’est pas perdu : Stewart sera remplacé par Trevor Noah à la rentrée, et il reviendra dès cet automne, sur CBS.

 

(via Marketplace)