Pour l'industrie du porno, le piratage de films, c'est de la promotion

Clément Solym - 20.08.2010

Edition - Justice - films - porno - pirater


S'il est bien une industrie qui devrait redouter le piratage, c'est celle du film pour adulte consentant, avec option zoom rapproché sur les parties concernées... Dire que le film porno va de pair avec le partage illégal de fichiers, c'est un euphémisme : il doit se trouver plus de films X sur les réseaux que d'autres fichiers disponibles.

Or, c'est pourtant à cette industrie que l'on doit d'intelligentes remarques sur les relations entre piratage et promotion, du moins au PDG de Private Media Group, l'un des plus importants studios de production des films en question. Sa société est cotée en bourse (tout jeu de mots est prohibé) sur l'indice Nasdaq et selon Berth Milton, le piratage des films n'est pas du tout à combattre. Bien au contraire : il sert de façade publicitaire gigantesque...

« Nous serons ravis que le plus de gens possible piratent nos oeuvres et les regardent », explique-t-il, sans aucune ironie. Et d'assurer qu'aucun recours juridique ne sera mis en place par ses avocats, bien qu'il ait complètement conscience de ce que la libre diffusion sur des sites de liens Torrent puisse engendrer.

Mais le comportement n'est pas si étrange : en 2002, Private Media Group était propriétaire d'un certain Napster, durant une courte période cela dit, avant que la firme Roxio ne le rachète pour en faire un service payant. Or, Milton conserve cette optique : toutes les sociétés culturelles et de divertissement doivent dépasser le simple barrage du piratage et explorer des solutions alternatives, avec une idée en tête.

La lutte contre le piratage ne peut pas être gagnée. « Je pense que c'est une bataille perdue d'avance. Je vois mes propres enfants, parce que c'est la meilleure manière de savoir où en est le marché actuellement. Ça n'a aucune incidence si je leur dis qu'il est illégal de télécharger. Dès qu'ils ferment la porte de leur chambre, ils téléchargent. »

Flippant ? Pire : « Ils n'ont pas peur que quelqu'un ait fliqué leur adresse IP. Ils ne s'en soucient même pas. C'est un monde nouveau et nous devons l'accepter. » Nous, c'est-à-dire les producteurs d'oeuvres, quelles qu'elles soient. L'une des alternatives que sa société a trouvé, c'est de proposer des vacances de luxe pour adultes, ou encore tout ce qui peut être jouet, gadget et accessoires, qui pourraient être utilisés lors du visionnage des vidéos piratées.

De la vente additionnelle en somme - et comme la 3D s'approche dans l'univers du porno, l'expérience de l'utilisateur n'en serait que plus intéressante...