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Pour la filière du livre en Italie, l'apocalypse a pour nom coronavirus

Nicolas Gary - 24.03.2020

Edition - Economie - Italie édition coronavirus - ventes livres apocalypse - Italie filière livre


L’épidémie semble se calmer en Italie, qui enregistre pour la deuxième journée une diminution des nouveaux cas de coronavirus. Cependant, l’industrie du livre, déjà à l’heure des bilans, dresse un tableau apocalyptique. La crise sanitaire a frappé très durement la filière du livre, avec 61 % des éditeurs qui prévoient des licenciements.

Giunti al Punto librairie
ActuaLitté CC BY SA 2.0
 

La perspective fait froid dans le dos : 18.600 livres de moins à paraître et 40 millions d’exemplaires ne seront pas imprimés. La chute est vertigineuse. Le COVID-19 qui est venu à bout de la Foire du livre de Bologne ainsi que du Salon du livre de Turin — reporté sine die — avait frappé durement : début mars, l’Associazione italiana editori (AIE) évoquait des baisses de vente de l’ordre de 25 à 50 % suivant les régions.

« Nous sommes épuisés. Nous travaillons avec les forces politiques pour accéder à des fonds d’urgence immédiats, destinés à toute la chaîne d’approvisionnement et à des mesures propres à relancer le secteur », se désole Ricardo Franco Levi, président de l’AIE.

« Si l’on n’y parvient pas, les dommages culturels pour le pays seront très sérieux. »

Aux premiers chiffres, ajoutons 2500 ouvrages qui ne seront pas traduits : les premières données de l’Osservatorio montrent que l’année 2020 sera une calamité. Pire : après une année 2019 qui sortait enfin la tête de l’eau, cette rechute « fait du secteur du livre l’une des premières victimes économiques de l’urgence du coronavirus », reprend le président.

L’AIE demande au gouvernement d’intervenir pour aider l’interprofession à juguler l’hémorragie — mais surtout, de déployer un plan semblable à ceux envisagés pour les autres secteurs culturels. La fermeture des librairies a privé les éditeurs de leur premier canal de vente — d’autant que sur la période 2007-2018, le nombre de librairies est passé de 2344 à 2182.

Les chiffres prévisionnels communiqués en octobre indiquaient que les chaînes de librairies (souvent propriété de groupes éditoriaux) ont accaparé 45 % du marché, quand la grande distribution se ramasse à 7 %, et les librairies indépendantes ont perdu 11 points en regard de 2011. Elles représentaient alors 35 % du volume. 

En parallèle, l’approvisionnement des vendeurs en ligne devient plus difficile : « Nous ne pouvons pas nous le permettre », poursuit le président, qui demande des actions immédiates. 

Selon un premier sondage de ses membres, effectué le 20 mars, 61 % des maisons ont eu recours à des procédures de licenciement ou prévoient de le faire. Les nouveautés sont réduites de 25 % et 88 % des éditeurs expriment une vive inquiétude quant au devenir de leur activité. Une calamité alors que les huit premiers mois de l’année 2019 affichaient une hausse des ventes avec 5 % de chiffre d’affaires de mieux.

À cette heure, le Bel Paese a dépassé les 6000 morts, et voit le bout du tunnel de la pandémie — sans crier victoire trop tôt. Pour le ministre de la Santé Roberto Speranza, il importe plus que jamais de rester vigilants et attentifs. 


Commentaires
Il faudrait aussi soutenir les populations après en nous facilitant l'accès à un crédit "à la consommation" à taux bas pour redémarrer nos économies.
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